84 FORCE COMMERCIALE.
Sans nous arrêter à l’ëpoque où le bouleversement des for-tunes privées et les immenses besoins de la défense nationaleépuisaient toutes les ressources qui servent d’ordinaire à l’en-tretien des travaux publics utiles au commerce, prenons uneépoque paisible et florissante. Depuis la fin de la guerre, dansla plus grande prospérité de nos finances, le gouvernement n’apas cru pouvoir affecter annuellement à ces travaux plus de3 i millions : somme insuffisante aux simples réparations. Pourentreprendre lui-mème ou pour achever des canaux, il s’est vuréduit à créer une dette extraordinaire, par un emprunt oné-reux dont il payera les intérêts jusqu’au remboursement final.Que pourra-t-il donc faire en.temps de guerre? et surtout si lalutte se prolonge , si elle a des revers entremêlés de succès, sielle exige de grands sacrifices? Obligé qu’il sera d’économisersur les dépenses consacrées aux entreprises utiles dans l’intérieur,il retranchera de la somme déjà si faible qu’il accorde aux pontset chaussées ; les voies commerciales dépériront de plus en plus,et leur dépérissement rendra plus grands encore les fléaux dont,alors, seront frappés notre négoce et notre industrie. On pré-viendrait ces malheurs, en confiant par degrés les canaux, lesponts et les routes, à des associés dont l’intérêt et les soins, enguerre comme en paix, seraient tout entiers consacrés au par-fait entretien d’ouvrages devenus leur espoir et leur richesse.
Après avoir examiné les avantages que le gouvernement etla société , en général, retirent du système des travaux publicsexécutés par concession , revenons sur les avantages qu’en reti-rent les particuliers. Dans la Grande-Bretagne , on est frappédu nombre considérable d’individus qui se présentent pourl’entreprise de chaque nouveau canal : leur association comptesouvent plus de 200 actionnaires; et, pourtant, la plupart nesont point capitalistes. Dans tous les environs de la voie navi-gable qu’il s’agit d’ouvrir, les propriétaires de terrains , de