VOIES PUBLIQUES. 119
Il s’agit ici, pour le voyageur, d’arriver au but, non par lavoie la plus rapide, mais par la plus séduisante. On doit segarder aussi de paraître forcer les détours de la voie par la-quelle ou veut conduire le spectateur oisif qui cherche, dans lapromenade, un exercice doux, un délassement varié, plutôtqu’une fatigue continue. Lorsque nous errons au milieu d’unbeau paysage, sans même nous rendre compte d’un vaguedésir d’en visiter les sites les plus attrayants, notre route n’estpas arbitraire et tout-à-fait capricieuse, comme on seraittenté de le penser. Ordinairement, de chaque nouveau pointde vue ou nous sommes parvenus, quelqu’autre point se faitentrevoir à nos regards > qui semble nous promettre des sen-sations nouvelles, ou plus vives ou plus délicieuses. Cest verscet endroit que notre imagination nous attire ; c’est vers Cetendroit que le sentier, adroitement préparé, doit s’offrir à nospas. Coordonner les aspects d’un vaste terrain-5 ménager leurseffets , de manière à. ce que tour à tour ils tentent notre curio-sité, et laissent dans notre âme des impressions riantes Ousévères, imposantes ou gracieuses; mettre son artifice à pro-duire ainsi d’heureux contrastes, voilà le talent d’orner et demontrer la nature; et, ce talent, je n’hésite pas à le classerparmi les beaux-arts, puisqu’il a pour moyen l’imagination ,et pour objet l’idéal de la beauté.
Les Anglais n’ont pas seulement des sentiers et d’étroitesallées pour visiter, à pied, leurs jardins et leurs parcs. Ilsont pour parcourir, avec leurs chevaux et leurs voitures , lesparties principales de leurs vastes possessions, des cheminsplus larges appelés promenades ( w alks ) *, sablés soigneuse- >ment, ou consolidés avec un menu cailloutage. D’énormes