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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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*2° FORCE COMMERCIALE.

cylindres en fer sont roulés souvent sur ces promenades , afi a

de les rendre moins tirantes, plus compactes et plus unies.

Veut-on jouir délicieusement de ces promenades parfaites ?

Il faut visiter la campagne dans les beaux jours d’automne oud’été, sous un ciel qui, même en la saison des fruits, conserveaux fleurs, comme à la verdure, la fraîcheur de leur prin-temps et la suavité d’un léger et premier parfum. Tantôt à l’abrid’un épais ombrage , tantôt sur le bord d’un coteau dont le pen-chant se marie avec la plaine, en déployant un magnifique am-phithéâtre de guérets et de jardins, de prairies et de forêts , lors-qu’assis sur un char découvert et léger, et mollement élastique ,on se sent entraîné, d’une extrême vîtesse, par des coursiersqu’Olympie eût enviés pour l’arène de ses jeux, et lorsqu’onest transporté, sans la moindre secousse fatigante, sur uneautre arène, préparée avec plus de soins , polie avec plus ci’artque le sol de l’hippodrome ; alors, mille sensations diverseset pourtant harmonieuses , du repos dans le mouvement et dela sécurité dans une course où l’on semble ne plus toucRer àla terre , font qu’un doux frémissement de volupté pure , pé-nètre à la fois tontes nos facultés ; et c’est à l’instant même oùla beauté de la nature sourit de toutes ses grâces à notre imagi-nation qu’elle ravit d’enthousiasme. Ah ! je conçois que lesplus riches habitants des trois royaumes, désertent avec empres-sement les capitales les plus éblouissantes et les plus fastueuses,pour venir goûter, dans le silence et la paix, des plaisirs sipleins de charme et d’innocence.

En rappelant ces plaisirs à ma pensée, je sens qu’ils meséduisent encore d’un attrait irrésistible 5 et pourtant, lorsqueje les goûtais, il leur manquait à mes yeux un enchantementqui manquait aux jardins même d’Armide, pour Renaud éprisd’amour : c’est le bonheur qu’on éprouve à la vue des beautésde la terre natale, à cette vue qui réveille aussitôt les nobles