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VOIES PUBLIQUES. i35
macadamer une route, c’est l’établir d après la méthode deM. Macadam, et lui donner une bonté toute nouvelle.
Ne pourrions-nous pas macadamer, un peu, la presquetotalité des routes de la France ?...
M. Macadam fait concasser en très-petits morceaux, les pierres dont il sesert pour construire et pour entretenir les routes. Il fait exécuter cette opé-ration par des femmes et des enfants , qui travaillent assis et qui brisent lespierres avec de légers marteaux. Il n’admet nuis fragments de pierre, ayantplus de 6 j centimètres cubes , s’il les évalue par leur volume , ou pesant plusde 17 hectogrammes *, s’il les évalue par leur poids. Afin de suivre cette règle,les ouvriers qui concassent les pierres sont munis de lunettes circulaires / enfer, semblables à celles dont se servent les canonniers, pour vérifier le calibredes boulets. On rejetterait tout.fragment qui ne passerait pas dans la lunettecalibrante. Outre cet instrument, M. Macadam fait toujours porter par lesinspecteurs, une balance avec un poids dç 17 he.ctogramrnes, pour peserdeux ou trois des plus gros fragments de chaque tas de pierres concassées , ets’assurer qu’aucun ne dépasse le poids fixé comme limite.
Lorsqu’on veut construire ou reconstruire une route, dit l’auteur du sys-tème que nous décrivons , il suffit d’une couche de 25 centimètres d’épaisseur,composée de solides matériaux. I^lle peut supporter les fardeaux les pluslourds, que le sol soit stable ou ne le soit pas. M. Macadam préfère mêmeun sol mélangé de matières molles et dures, plutôt qu’un sol parfaitementdur. Il a remarqué que, sur le premier, les routes s’usent moins -, parcequ’elles reposent sur une couche élastique qui cède aux pressions trop forteset qui amortit les chocs violents. C’est ainsi qu’une enclume, posée sur unmorceau de.bois , durera plus long-temps:que posée sur une pierre.
On peut citer un exemple remarquable d’une telle différence. La route deBridgewater à Cross est, dans une grande étendue , construite sur un maré-cage si mouvant, qu’on voit de chaque côté de la route, lorsqu’on la parcourtavec un carrosse, l’eau trembler dans les fossés. Après une faible gelée , lavibration que le mouvement de la voiture imprime au terrain, est assezpuissante pour briser la glace qui couvre l’eau des fossés. Au bout de lapartie de route ainsi pratiquée sur un terrain sans consistance, commenceune autre partie sur un fond de pierre calcaire : or la dépense d’entretien,pour la première et pour la seconde , est dans le rapport de 5 à 7 ; quoique
* En Suède , où les routes sont fort-belles, on les construit avec du granit concasse' par frag -ments dont aucun n’excède la grosseur prise pour limite par M. Macadam. Edgeworth demandeque tontes les pierres puissent passer dans un calibre circulaire de 4 centimètres de diamètre.