*4° FORCE COMMERCIALE,
que des réparations rares , mais très-grandes ? Vaut-il mieux ,au contraire , n’attendre jamais une détérioration avancée, etréparer journellement les dégradations opérées par l’action per-pétuelle du temps ?
Sans s’arrêter à d’autres considérations, il me semble pos-sible de faire voir , par des calculs simples, qu’au bout d’untemps considérable le système d’entretien habituel et soigné ,coûte moins que le système des grandes réparations faites à desouvrages qu’on a laissés long-temps se dégrader, par l’effet'de leur service, ou par le seul effet des forces de la nature.
Il est remarquable que les peuples les plus économes, et lesplus éclairés sur leurs intérêts pécuniaires , adoptent, d’uncommun accord , le système d’entretien constant *. j tels sontles Hollandais, les Suisses et les Anglais . Au contraire, chezles peuples moins bons calculateurs et plus imprévoyants, chezles Italiens, les Portugais et les Espagnols, etc. , l’on attendassez ordinairement qu’une construction tombe en ruine, avantde la réparer. Dans les diverses parties de»la France , on pour-rait remarquer, suivant le caractère des habitants, et d’aprèsle degré d’amélioration, soit de leur industrie, soit de leuréconomie domestique, des différences analogues à celles quenous venons d’indiquer entre les nations, plus ou moinsavancées, qui habitent les diverses parties de l’Europe .
Ajoutons à ces faits que, chez les nations ou l’on adoptele système d’entretien constant, tous les édifices, toutes lesmachines, tous les ^travaux publics, ont un air de fraîcheuret de solidité, qui manifeste la richesse, l’ordre et la prudencedes particuliers et du gouvernement.
* Dans les deux premières parties, Force militaire et Force navale , et dans leMémoire sur les progrès de T Architecture navale d’Angleterre , publié par la Sociétéroyale de Londres, j’ai démontré combien ce système, suivi pour les édificesmilitaires, les armes et les vaisseaux, est préférable, sous les rapports de l’usage et del’économie.