VOIES PUBLIQUES. 193
l’industrie; les hauts-fourneaux, les forges, les fours à chaux,et les amas d’une houille embrasée pour devenir, par l’igni-tion meme, un combustible parfait ; des usines , des maisonsde plaisance, des villages, érigés en amphithéâtre, sur lesflancs de la vallée; dans le fond, un rapide torrent; au-dessus,le pont-canal offrant son enveloppe de fer posée, comme parenchantement, sur de hauts et minces piliers , d’une éléganteet simple architecture : et ce magnifique ouvrage, fruit del’heureuse audace d’un de mes amis !... Perdu dans la contem-plation de ces beautés de l’art et de la nature, qui, par les dé-gradations d’une lumière mourante, variaient à chaque instantleur aspect, je suis resté comme en extase, jusqu’au momentoù la fin du crépuscule me força de m’éloigner pour chercherun asyle, à quelques milles de distance. Yoilà ce que j’ai vu,ce que je ne puis rendre, sans Je dépouiller des charmes de laréalité, et ce qui néanmoins, malgré le temps et l’absence,fait encore battre mon cœur, au souvenir des émotions queproduisit en moi ce magique tableau. « ( Mémoires sur la ma-rine et les ponts et chaussées de France et d’Angleterre. )
Canal de Shrewsbury . Son utilité s’étendra beaucoup,lorsqu’on aura terminé le canal d’Ellesmere ; maintenant ilsert à porter le charbon fossile, à Shrewsbury , ville commer-çante et manufacturière, peuplée de vingt mille habitants,enrichis par le double trafic opéré sur la Séverne et sur lesroutes principales de Birmingham et de Londres à Dublin .
En quittant Shrewsbury pour suivre la ligne du canal, ons’avance vers l’est. On franchit d’abord une galerie souterraine ,longue de 887 mètres. Après avoir parcouru 19y kilomètres,jusqu’à Langdon , on traverse la Terne sur un pont-aqueducen fer*. C’est le premieEqu’on ait construit en Angleterre : on
* Il a 56 mèt -,7 de longueur ; il est élevé de au-dessus des eaux de la Terne.
Te chemin de halage est en dehors. Voyez planche I.
I.
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