288 FORCE COMMERCIALE.
livré à des recherches expérimentales dont les résultats méritent d’être connus. Lesfils ronds qu’il a soumis à des épreuves provenaient des fabriques de la Ferrière et deSaint-Gingolf. Yoici le tableau de ces premières expériences :
DIAMÈTRE
POIDS POUR ROMPRE
DES FILS.
CHAQUE
FIL DE
'
UN MILLIMETRE QUARRE DE CE FIL
Millimètres.
La Ferrière.
Saint-Gingolf.
La Ferrière.
Saint-Gingolf.
kilog.
kilog.
kilog.
kilog.
a. o,85
48
38,5
84
67,7
b. 1,90
196
178
69 A
62,8
c. 2,75
382
349
64,3
4 94
d. 3,70
776
644
72,2
Ce tableau nous montre d’assez grandes différences entre les fils de fer des deuxfabriques de la Ferrière et de Saint-Gingolf. Nous voyons aussi que la force des fils ,comparativement à leur volume, est d’abord d’autant plus grande que le fil est plusfin ; mais qu’en grossissant, on arrive à une force minimum qui correspond aux filsdont le diamètre est entre 2 et 3 millimètres. Passé ce terme, la force du fer semblecroître de nouveau avec le diamètre des fils. Est-ce une anomalie *, comme le croit lecolonel Dufour ? Est-ce une loi de la nature? c’est ce qui mérite d’être examiné. Ajou-tons que la force des gros fers est beaucoup moindre , proportionnellement à leurvolume, que celle de tous les fils. Le fer forgé en barres, lorsque ces barres ne dépas-sent pas 6 millimètres d’équarrissage , ne porte pas plus de 40 à 45 kilogrammes avantde se rompre , et les barres d’un fort équarrissage ne portent pas plus de a5 à 3o kilo-grammes, toujours par millimètre quarré de leur section transversale.
Il suit de là, qu’au lieu d’employer le fer en barres, pour former les chaînes et lessuspensoires des ponts , il serait plus avantageux, quant à la quantité de matière miseen œuvre, d’employer des faisceaux de fils ; car, à poids égal, ces faisceaux porteraientplus que le double, avant de rompre sous la charge ; mais il faut avoir égard à la dif-férence des prix du fer, en fil et en barre, pour prononcer sur l’avantage définitif.
Quand on forme un faisceau, avec beaucoup de fils d’égal diamètre, il faut évaluerla force totale, en multipliant leur nombre, non par le minimum de force des fils decette même grosseur, soumis aux épreuves ; mais par la force moyenne de ces fils.Cette valeur moyenne approchera d’autant plus de représenter la résistance dont lefaisceau est susceptible, que ce faisceau contiendra plus de fils.
Avant de rompre, les fils s’allongent de quantités qui varient suivant leurs diamètres:Les fils cotés a dans le tableau ci-dessus, se sont allongés de o,oo5j de leur longueurprimitive. Les fils b se sont allongés de o,oo33 seulement.
Il est un premier allongement qu’il faut bien distinguer de la distension forcée qui
* Ce qui me porte à croire que ce n’est pas une anomalie due à des circonstances particulières ,c’est que MM. Seguin ont reconnu une irre'gularite' pareille à celle qu’on remarque ici,