COTES ET PORTS. P
Le hangar parallèle à ces magasins est en Lois, mais sup-porté par des colonnes en fonte, ayant 3 raèt ‘,3 de hauteur. Lechapiteau de ces colonnes est en fer. La charpente est simple,solide et d’une exécution parfaite ; toutes les pièces sont tail-lées à vive arête, et peintes avec des couleurs fines.
Le pavé du hangar est en larges dalles de granit, exceptévis-à-vis des grues * établies au bord du quai} là, ces dallessont remplacées par des plaques de fer coulé. Quoique cesdernières aient i raet ,3 en quarré , je n’en ai pas trouvé une seulequi fût cassée *, tandis que plusieurs dalles en pierre avaientéprouvé cet accident. TJn tel fait montre de quelle résistancele fer est susceptible, lorsqu’il sert à paver une aire sur laquelledoivent rouler des chariots chargés.
Les petits chariots qu’on emploie pour transporter les bar-riques qui contiennent les produits coloniaux , sont d’unestructure simple ** et d’une manœuvre commode. Sur un deces chariots deux hommes traînent de huit cents à mille ki-logrammes. On mène les tonnes depuis les grues qui servent
barrique de sucre , pesant à peu près mille kilogrammes. On l’arrête ainsi , à peu dedistance du grand chariot placé au bas des portes-fenêtres; le voiturier tire cette tonne,pour la mettre à l’aplomb de la place qu’elle doit prendre dans son chariot; on lâchede nouveau doucement la corde du frein , et la barrique vient se caser dans la voiture.
* Parmi les grues que nous indiquons ici, les plus modernes sont d’une simplicitéremarquable. Elles ont un tambour, sur le milieu duquel s’enroule la chaîne de lagrue ; une extrémité de ce tambour porte une grande roue dentée que fait mouvoirun pignon porté par l’axe de la manivelle. L’autre extrémité porte une roue planecontre laquelle le frein s’appuie. Ce frein est un court arc de cercle en bois, dont lebout libre est prolongé par un premier levier. Le bout du premier levier est joint aupetit bras du second, par une pièce horizontale qu’on peut raccourcir au moyen d’unevis de rappel, quand le frein vient à s’user. Lorsqu'on veut arrêter la grue, on pèsesur le grand bras de ce second levier. Un troisième est engagé dans une mortaise , surla plate-forme de la grue, pour faii’e tourner cette machine sur son axe vertical.
** Ils ont quatre petites roulettes en fer, avec deux essieux qui portent deux flasques,séparés et tenus à leur distance par des boulons ; le dessus de chaque flasque présente,de chaque bout, deux pointes en fer qui pénètrent un peu dans le bois de la barrique,et qui l’empêchent de rouler par l'effet des secousses.