i54 FORCE COMMERCIALE.
A l’endroit où le lac Beauley s’unit b la baie d’Inverness , se trouve l’entréedu canal Calédonien , non loin de l’emboucliur© de la Ness , riviere torren-tueuse, très-considérable et très-rapide , qui roule , sur du sable et des cail-loux, les eaux surabondantes du lac Ness. Il était impossible de rendre cetterivière navigable : il fallut creuser un canal parallèle , à partir du point quenous venons d’indiquer, jusqu’à l’extrémité septentrionale de ce lac.
On voulait d’abord que le canal débouchât, à l’orient, suivant la direc-tion générale de son tracé -, mais on aurait dû pour cela conduire les exca-vations , dans une assez grande longueur, à travers un banc dé sable et decailloux roulés , incapable de retenir les eaux. On a préféré suivre une rouleun peu moins directe, tourner davantage vers le nord, côtoyer une collinequi s’avance entre le lac Beauley et la baie d’Inverness , puis déboucher prèsd’un lieu nommé Clachnaharry.
Pour déboucher ainsi dans le lac Beauley , avec une profondeur d’eausuffisante, on s’est avancé de 366 mètres dans ce lac, en érigeant deux levéesqui forment au canal un lit artificiel. La maçonnerie de la tête de ces levéescommence à g met ',i5 au-dessous du niveau des hautes mers.
Les bords du lac Beauley, formés par alluvion, se composent, jusqu’à plusde i5 mètres sous l’eau, d’une argile bleue aussi molle que de la vase : ellerecouvre une argile blanchâtre et plus consistante i semblable à celle qui con-stitue la base d’un mont voisin, côtoyé parle canal. Sans faire aucune exca-vation , l’on versa sur ce fond mobile ^suivant la direction projetée des deuxlevées du canal : i°. de l’argile extraite de ce mont \ des.elapins et des pierresperdues. En peu de temps cette masse, par l’eÇfet de.son poids, s’affaissa de3. mit, ,35. On employa le même moyen pour consolider le sol sur lequel on de-vait bâtir l’écluse d’entrée du canal, ce qui présentait plusd’éçononÿie et menteplus de stabilité qu’un pilotis. Le remblai préparé de la sorte et plus élevéqu’il ne devait l’être, on y creusa comme dans un sol naturel, les fondementsde l’écluse d’entrée. Le sol artificiel était devenu si compacte , par l’effet dutassement, qu’on poussa l’excavation à une profondeur considérable, avantque les filtrations nécessitassent l’emploi des machines d’épuisement. On en-fonçait aisément des pilots dans ce sol factice mais, qprès un peu de temps ,il n’était plus possible de les retirer, ni de les enfoncer davantage.
Les fondations ainsi préparées, on posa, suivant l’axe longitudinal de l’é-cluse, une assise en pierres de taille, épaisse de.six décimètres, pour sup-porter la clef de l’arc renversé qui devait s’étendre d’un bord de l’écluse àl’autre. Celte maçonnerie s’épaissît en s’éloignant du milieu de l’entrée^ ellea trois mètres d’épaisseur verticale, à la naissance des murs latéraux. Cesfurent bâtis le plus rapidement possible, par pans de 5 { mètres de lo»-