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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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leurs capitaux et leur activité. Bientôt, sur cette côte, la rivalitén’exista plus qu’entre Liverpool et Bristol.

Chaque grand port marchand est un centre qui projetteen tous sens les produits dont il est le dépôt, et qui, pourformer les retours de ses envois, attire les productions descités qui l’avoisinent, et des campagnes qui l’entourent. Quanddeux ports s’établissent dans la même contrée, ils étendentla sphère de leurs relations commerciales jusque sur une ligneintermédiaire, plus ou moins rapprochée de l’un ou de l’autre,suivant la nature des pays qui les séparent, suivant l’état desroutes et de la navigation intérieure , suivant les besoins et lesgoûts des provinces, etc. Ainsi, par l’établissement de Liver-pool, Bristol qui partageait l’Angleterre avec Londres , et quipossédait presque seule le grand trafic de l’Irlande , vit cir-conscrire et réduire à moitié son territoire mercantile , dansles trois royaumes 5 mais au moins conserva-t-elle cette moitié»

Le commerce extérieur admettait difficilement un semblablepartage. La distance entre deux ports d’une même île dispa-raît devant les vastes distances de l’Europe à l’Afrique équato-riale et à l’Amérique . Tout devient à peu près égal entre lesnavigateurs. Il n’y a plus d’autre supériorité que celle dugénie commercial qui devine les grandes spéculations', de l’au-dace qui les entreprend, de l’économie, enfin, qui produit etménage les bénéfices , qui profite sur elle-même , et multiplieles consommateurs en les attirant par l’appât du bas prix.

Voilà les qualités qui distinguent surtout les négociants etles armateurs de Liverpool. Ils n’eurent pas plus tôt obtenuleur juste part dans le commerce intérieur de la Grande-Bretagne , qu’ils tournèrent leurs vues vers l’Amérique . Aulieu d’attendre oiseusement que les produits du continent eu-ropéen prissent la route indirecte de leur port, avant d’arriveraux consommateurs du nouveau monde, ils s’efforcèrent de