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CÔTES ET PORTS. 20$
trouver,'sur le sol même de la patrie , des produits pareils oupréférables. L’Ecosse leur fournit des tissus variés, et l’Irlande des toiles, pour les planteurs américains auxquels Bristol avaitvendu jusqu’alors les tissus de la Germanie. Bientôt Man-chester, qui s’élevait à la proximité de Liverpool, la renditl’entrepôt d’ouvrages en coton, dont la beauté, l’abondanceet le bas prix ne souffrirent plus aucune rivalité.
Cette première victoire remportée dans les possessions an-glaises, Liverpool s’empressa d’étendre ses conquêtes com-merciales dans les possessions des espagnols. Une compagnie ve-nait d’y obtenir le privilège des importations, et faisait payer ysur les objets demandés par les colons , un droit qui quadru-plait les anciens prix auxquels étaient accoutumés les con-sommateurs. Avec le secours des navires de Liverpool , lacontrebande s’établit aussitôt, des îles anglaises au continentespagnol ; et la fraude fut poussée avec autant d’audace qued’industrie et de succès. Nous reviendrons sur cette matière ,en traitant de la Force commerciale extérieure .
Par de tels moyens , Liverpool accumula d’immenses ca-pitaux; niais, loin de s’arrêter aux sources de sa prospéritéprésente, elle ouvrit des voies productives, à d’autres eaux nonmoins fécondes, et non moins impures...,. Bristol était en pos-session de faire, pour les colonies anglaises, la traite des noirs ;il fallut lui disputer ce trafic, le partager d’abord, pour arriverà l’envahir tout entier. Dans l’Amérique méridionale, sous legouvernement inepte du cabinet espagnol, un monopole étaitétabli sur l’approvisionnement des esclaves, comme sur touteautre importation. C’était une conti’ebandenouvelle qui s’offraitd’elle-même à faire. Liverpool s’en regarda soudain commel’entrepreneur légitime ' et l’exploita non moins heureusementque celle des marchandises autres que de l'espèce humaine *.
* Liverpool doit: à la traite des esclaves v une grande partie de ses accroissement». On