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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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23 o force commerciale.

billon qui renvironne, s’il essaye de sacrifier aux muses, lescultive à la dérobée , et suit, avec tous les autres , la grande etséduisante voie de la fortune. C’est ainsi que le célèbre Roscoëa fait sa principale occupation d’une banque importante, neréservant que ses loisirs pour écrire la vie de deux Médicis,Laurent et Léon X *.

Depuis peu de temps, des souscripteurs se sont réunis pourfonder Une Institution académique où des professeurs sontchargés d’enseigner les sciences les plus utiles. L’organisationde cet établissement ressemble à celle de l’Institution Royale

* Il faut en convenir , à la gloire de Roscoë, le Ginguené de l’Angleterre, ses ou-vrages n’annoncent pas la précipitation, et n’ont rien de superficiel. Il est remar-quable que les productions les plus distinguées , sur l’histoire delà littérature italienne,aient été l’œuvre d’un Anglais et d’un Français , aussi supérieurs par leur savoir, quepar leur caractère public et privé. Lorsque j ? ai visité M. Roscoë, à Liverpool, je n’ai- pu me défendre d’un sentiment d’intérêt et de respect, en voyant un vieillard desoixante ans, la tête couverte de cheveux blanchis par l'âge et le malheur, le corpsdroit et d’une imposante stature, avec la physionomie d’un sage de la Grèce , simple,noble et bienveillante. Cependant, malgré la sérénité qui semblait peinte sur sestraits, il n’était pas un homme heureux. Les vicissitudes de la guerre et de la paixavaient ébranlé sa/ortune. Pour faire honneur à ses engagements -, il avait déjà vendusa bibliothèque ; et quand j’ai vu ses tableaux, des ouvriers y posaient des étiquettes ,conformément au catalogue de leur vente prochaine. Si le Prince , à l’exemple de lagrande Catherine, apprenant la détresse d’un homme de lettres célèbre, non pas étrangerà l’Angleterre ainsi que Diderot l’était à la Russie , mais un de ses propres sujets ,consacrait une légère part de ses superfluités, au rachat des livres d’un illustreécrivain , pour les conserver à leur possesseur, et lui laisser ainsi les matériaux denouveaux chefs-d’œuvre , cela ne vaudrait-il pas au moins quelques pavillons chinois,quelques chiens, quelques chevaux et quelques festins?... Voilà- ce que j’écrivais en1817. Depuis cette époque, un particulier généreux a fait son ambition d’une gloiredont le Prince ne paraît pas avoir été jaloux. Les livres que Roscoë regrettait le plus,formaient une collection d’environ 3 oo ouvrages italiens, remarquables pour leurvaleur intrinsèque ou pour la rareté des éditions. M. William Rathbone , négociantde Liverpool, les a tous achetés , et s’est empressé d’en faire hommage à leur ancienpossesseur. Celui-ci n’a voulu les accepter qu’à la condition de les léguer aussitôt à labibliothèque de l’Athénée * établissement littéraire qu’on doit distinguer pour l’ex-cellent choix des livres que le public y trouve : la fondation en est due surtout auzèle de M. Roscoë.