ASSEMBLÉE NATIONALE LÉGISLATIVE.
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» continuent de favoriser des préparatifs dirigés contre les Français ,» les Français porteront chez eux, non pas le fer et la flamme,» mais la liberté ! C’est à eux de calculer quelles peuvent être les» suites de ce réveil des nations. »
Louis XYI répondit qu’il prendrait en très-grande considérationle message de l’assemblée; et, quelques jours après, il vint luiannoncer en personne ses résolutions à cet égard. Elles étaient con-formes au vœu général. Le roi dit, au milieu des applaudissements,qu’il ferait déclarer à l’électeur de Trêves et aux autres électeurs quesi, avant le 15 janvier, tous les attroupements et toutes dispositionshostiles de la part des Français réfugiés ne cessaient point dans leursÉtats, il ne verrait plus en eux que des ennemis. Il ajouta qu’il écri-rait à l’empereur, afin de l’engager, comme chef de l’empire, à inter-poser son autorité pour éloigner les malheurs qu’entraînerait uneplus longue obstination de quelques membres du corps germanique.« Si ces déclarations ne sont pas écoutées, alors, messieurs, dit-il,» il ne me restera plus qu’à proposer la guerre; la guerre, qu’un'» peuple qui a solennellement renoncé aux conquêtes ne fait jamais» sans nécessité, mais qu’une nation généreuse et libre sait entre-» prendre lorsque sa propre sûreté, lorsque son honneur, le com-» mandent ! »
Les démarches du roi auprès des princes de l’empire furentappuyées de préparatifs militaires. Le 6 décembre, un nouveauministre de la guerre remplaça Du Portail. Narbonne , choisi parmilesFeuillants, jeune, actif, ambitieux de se signaler par le triomphede son parti et la défense de la révolution, se rendit sur-le-champaux frontières. Cent cinquante mille hommes furent mis en réqui-sition; l’assemblée vota, dans ce but, vingt millions de fondsextraordinaires; on forma trois armées, sous le commandement deRochambeau, de Luckner et de Lafayette ; enfin on décréta d’ac-cusation Monsieur, le comte d’Artois, le prince de Condé, commeprévenus d’attentats et de conspiration contre la sûreté générale del’État et de la constitution. Leurs biens furent séquestrés ; et le termefixé précédemment à Monsieur pour rentrer dans le royaume étantexpiré, il fut déchu de son droit à la régence.
L’électeur de Trêves s’engagea à dissiper les rassemblements, et àne plus les permettre désormais. Tout se réduisit néanmoins à unsimulacre de licenciement. L’Autriche donna ordre au maréchal