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Histoire de la révolution française depuis 1789 jusqu'en 1814 / par F.-A. Mignet ; augmentée de l'histoire de la restauration jusqu'a l'avénement de Louis-Philippe Ier par Emile de Bonnechose
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ASSEMBLÉE NATIONALE LÉGISLATIVE.

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» continuent de favoriser des préparatifs dirigés contre les Français ,» les Français porteront chez eux, non pas le fer et la flamme,» mais la liberté ! Cest à eux de calculer quelles peuvent être les» suites de ce réveil des nations. »

Louis XYI répondit quil prendrait en très-grande considérationle message de lassemblée; et, quelques jours après, il vint luiannoncer en personne ses résolutions à cet égard. Elles étaient con-formes au vœu général. Le roi dit, au milieu des applaudissements,quil ferait déclarer à lélecteur de Trêves et aux autres électeurs quesi, avant le 15 janvier, tous les attroupements et toutes dispositionshostiles de la part des Français réfugiés ne cessaient point dans leursÉtats, il ne verrait plus en eux que des ennemis. Il ajouta quil écri-rait à lempereur, afin de lengager, comme chef de lempire, à inter-poser son autorité pour éloigner les malheurs quentraînerait uneplus longue obstination de quelques membres du corps germanique.« Si ces déclarations ne sont pas écoutées, alors, messieurs, dit-il,» il ne me restera plus quà proposer la guerre; la guerre, quun'» peuple qui a solennellement renoncé aux conquêtes ne fait jamais» sans nécessité, mais quune nation généreuse et libre sait entre-» prendre lorsque sa propre sûreté, lorsque son honneur, le com-» mandent ! »

Les démarches du roi auprès des princes de lempire furentappuyées de préparatifs militaires. Le 6 décembre, un nouveauministre de la guerre remplaça Du Portail. Narbonne , choisi parmilesFeuillants, jeune, actif, ambitieux de se signaler par le triomphede son parti et la défense de la révolution, se rendit sur-le-champaux frontières. Cent cinquante mille hommes furent mis en réqui-sition; lassemblée vota, dans ce but, vingt millions de fondsextraordinaires; on forma trois armées, sous le commandement deRochambeau, de Luckner et de Lafayette ; enfin on décréta dac-cusation Monsieur, le comte dArtois, le prince de Condé, commeprévenus dattentats et de conspiration contre la sûreté générale delÉtat et de la constitution. Leurs biens furent séquestrés ; et le termefixé précédemment à Monsieur pour rentrer dans le royaume étantexpiré, il fut déchu de son droit à la régence.

Lélecteur de Trêves sengagea à dissiper les rassemblements, et àne plus les permettre désormais. Tout se réduisit néanmoins à unsimulacre de licenciement. LAutriche donna ordre au maréchal