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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
de Bender de défendre l’électeur s’il était attaqué, et elle ra-tifia les conclusions de la diète de Ratisbonne . Celle-ci exigea laréintégration des princes possessionnés ; elle ne voulut point qu’onles indemnisât en argent de la perte de leurs droits, et elle nelaissa à la France que le rétablissement de la féodalité en Alsace ou la guerre. Ces deux démarches du cabinet de Vienne étaientd’une nature peu pacifique. Ses troupes marchaient sur nos fron-tières, et prouvaient encore mieux qu’il ne fallait pas se fier à soninaction. Cinquante mille hommes se trouvaient dans les Pays-Bas ;six mille étaient postés dans le Brisgaw; il en faisait venir trentemille de Bohème. Cette formidable armée d’observation pouvait,d’un moment à l’autre, devenir une armée d’attaque.
L’assemblée sentait qu’il était urgent de faire décider l’empereur.Elle considérait les électeurs comme ses prête-noms, et les émigréscomme ses instruments; car le prince de Kaunitz reconnaissaitpour légitime la ligue des souverains réunis pour la sûreté et l’hon-neur des couronnes. Les Girondins voulurent donc prévenir ce dan-gereux adversaire, pour ne pas lui donner le temps de se préparer.Ils exigèrent qu’il s’expliquât avant le 10 février, d’une manièreclaire et précise, sur ses véritables dispositions à l’égard de laFrance . Ils poursuivirent en même temps des ministres sur lesquelson ne pouvait pas compter en cas de guerre. L’incapacité de Deles-sart et les intrigues de Molleville prêtaient surtout aux attaques ;Narbonne était le seul qu’ils épargnassent. Ils furent secondés parles divisions du conseil, qui était moitié aristocrate par Bertrand de Molleville , Delessart , etc., et moitié constitutionnel par Nar bonne et le ministre de l’intérieur Cahier de Gerville. Des hommesaussi opposés d’intentions et de moyens ne pouvaient guère s’en-tendre ; Bertrand de Molleville eut de vives contestations avec Nar bonne , qui voulait faire adopter à ses collègues une conduitefranche, décidée, et donner l’assemblée pour point d’appui autrône. Narbonne succomba dans cette lutte, et son renvoi entraînala désorganisation de ce ministère. Les Girondins accusèrent Ber trand de Molleville et Delessart : le premier eut l’adresse de sejustifier ; mais le second fut traduit devant la haute cour d’Orléans .
Le roi, intimidé par le déchaînement de l’assemblée contre lesmembres de son conseil, et surtout par le décret d’accusationcontre Delessart , n’eut pas d’autre ressource que de choisir ses