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Histoire de la révolution française depuis 1789 jusqu'en 1814 / par F.-A. Mignet ; augmentée de l'histoire de la restauration jusqu'a l'avénement de Louis-Philippe Ier par Emile de Bonnechose
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CONVENTION NATIONALE.

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effrayer ses ennemis ; soit quil sabandonnât à la légèreté de sonnaturel. Pour sen assurer davantage encore, le club des Jacobins envoya en députation auprès de lui trois des siens, nommés Proly,Péreira et Dubuisson. Admis en présence de Dumouriez , ils obtin-rent de lui plus daveux quils nen attendaient. « La convention ,» dit-il, est une assemblée de sept cent trente-cinq tyrans. Tant» que jaurai quatre pouces de fer, je ne souffrirai pas quelle règne» et quelle verse le sang, avec le tribunal révolutionnaire quelle» vient de créer. Quant à la république, ajouta-t-il, cest un vain» mot; jy ai cru trois jours : depuis Jemmapes, jai regretté» tous les succès que jai obtenus pour une aussi mauvaise cause.» Il ny a quun moyen de-sauver la patrie, cest de rétablir la con-» stitution de 1791 et un roi. Y songez-vous, général? lui dit» Dubuisson : les Français ont en horreur la royauté, et le seul» nom de Louis... Eh! quimporte que ce roi sappelle Louis,» Jacques ou Philippe? Et vos moyens, quels sont-ils ? Mon» armée... oui, mon armée; elle le fera, et de mon camp ou du» sein dune place forte, elle dira quelle veut un roi.Mais votre» projet compromet le sort des prisonniers du Temple. Le der-» nier des Bourbons serait tué, même ceux de Coblentz , que la» France nen aurait pas moins un roi, et si Paris ajoutait ce meur-» tre à ceux dont il sest déshonoré, je marcherais à linstant sur» Paris . » Après sêtre déclaré avec aussi peu de précaution,Dumouriez se livra à lexécution de son impraticable dessein. Il setrouvait dans une position véritablement difficile : ses soldats avaientpour lui beaucoup dattachement; mais ils étaient aussi dévoués àleur patrie. Il fallait donner des places fortes dont il nétait pas lemaître, et il était à croire que les généraux sous ses ordres feraientà son égard, par fidélité à la république ou par ambition, cequil avait fait lui-même à légard de Lafayette. Sa première tenta-tive ne fut pas encourageante. Après sêtre établi à Saint-Amand ,il voulait semparer de Lille , de Condé , de Valenciennes ; maisil échoua dans cette entreprise. Ce mauvais succès lui donna delhésitation, et ne lui permit point de prendre linitiative de lat-taque.

Il nen fut pas de même de la convention ; elle agit avec unepromptitude, une hardiesse, une fermeté, et surtout avec une pré-cision , dans son but, qui devait la rendre victorieuse. Quand on