CONVENTION NATIONALE.
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rope : c’est ce que craignit le parti modéré de l’assemblée. Redoutantl’anarchie, si l’on n’arrêtait pas la commune; la contre-révolution ,si l’on comprimait trop la multitude, il aurait voulu maintenir labalance entre les deux extrémités de la convention. Ce parti com-posait les comités de sûreté générale et de salut public ; il étaitdirigé par Barrère, qui, comme tous les esprits justes et les carac-tères faibles, fut pour la modération, tant que la peur ne fit pasde lui un instrument de cruauté et de tyrannie. Au lieu des mesuresdécisives de Guadet , il proposa de nommer une commission extraor-dinaire de douze membres, chargée d’examiner la conduite de lamunicipalité, de rechercher les auteurs des complots ourdis contrela représentation nationale, et de s’assurer de leurs personnes. Ceterme moyen fut adopté ; mais il laissait subsister la commune, etla commune devait triompher de la convention.
La commission des Douze jeta l’alarme chez les membres de lacommune par ses recherches ; elle découvrit une nouvelle conjura-tion qui devait éclater le 2? mai; fit arrêter quelques conspira-teurs , et, entre autres , le substitut du procureur de la commune,Hébert, auteur du Père Duchesne, qu’on saisit au sein même de lamunicipalité. La commune, d’abord stupéfaite, se mit en mesurede combattre. Dès ce moment, il ne fut plus question de complots,mais d’insurrections. Le conseil général, encouragé par les Mon-tagnards , s’entoura des agitateurs de la capitale ; il fit répandre lebruit que les Douze voulaient épurer la convention, et remplacerle tribunal qui avait acquitté Marat par un tribunal contre-révo-lutionnaire. Les Jacobins, les Cordeliers, les sections , se mirenten permanence. Le 26 mai, l’agitation commença à se faire sentir ;le 27, elle devint assez forte pour que la commune put ouvrirl’attaque. Elle se présenta à la convention, et demanda la libertéd’Hébert et la suppression des Douze ; elle était suivie de députésdes sections, qui exprimaient le même vœu, et la salle était entouréede rassemblements considérables. La section de la cité osa mêmedemander que les Douze fussent traduits devant le tribunal révo-lutionnaire. Isnard, président de l’assemblée, leur répondit d’unton solennel : « Écoutez ce que je vais vous dire. Si jamais, par» une de ces insurrections qui se renouvellent depuis le 10 mars,» et dont les magistrats n’ont pas averti l’assemblée, il arrivait qu’on» portât atteinte à la représentation nationale, je vous le déclare,