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» au nom de la France entière, Paris serait anéanti ; oui, ia France » entière tirerait vengeance de cet attentat, et bientôt on cherche-» rait sur quelle rive de la Seine Paris a existé. » Cette réponsedevint le signal d’un grand tumulte. «Je vous le déclare aussi,» s’écria Danton , tant d’impudence commence à nous peser ; nous» vous résisterons. » Et se tournant vers la droite : « Plus de trêve» entre la Montagne et les lâches qui ont voulu sauver le tyran. »
La plus grande confusion régna alors dans la salle ; les tribunespoussaient des cris contre la droite; les 3Iontagnards éclataient enmenaces ; de moment en moment les députations se succédaient dudehors, et la convention se trouvait entourée d’une multitudeimmense. Quelques sectionnaires du Mail et de la Butte-des-Mou-lins, commandés par Ralfet, s’étaient placés sous les couloirs etdans les avenues pour la défendre. Les Girondins résistèrent tantqu’ils purent contre les députations et la Montagne. Menacés au-dedans, assiégés au-dehors, ils s’autorisaient de cette violencepour exciter l'indignation de l’assemblée. Mais le ministre de l’in-térieur, Garat, vint leur enlever cette ressource : appelé pour rendrecompte de l’état dp Paris , il assura que la convention n’avait rienà craindre ; et l’opinion de Garat, qui passait pour impartial, etque son esprit conciliateur entraînait à des démarches équivoques,enhardit les membres de la Montagne. Isnard fut obligé de quitterle fauteuil, Hérault de Séclielles le remplaça, et ce fut pour les Mon-tagnards le signal de la victoire. Le nouveau président réponditaux pétitionnaires , qu’Isnard avait contenu jusque-là : « La force» de la raison et la force du peuple sont la même chose. Vous nous» demandez un magistrat et la justice; les représentants du peuple» vous la rendront. » Il était fort tard; la droite était découragée ,quelques-uns de ses membres étaient partis; les pétitionnairess’étaient portés de la barre sur les sièges des représentants , et là ,confondus avec les Montagnards, au milieu des cris et du désordre,ils votèrent tous ensemble la cassation des Douze et l'élargissementdes prisonniers. Ce fut à minuit et demi, au bruit des applaudis-sements des tribunes et du peuple, que ce décret fut porté.
Peut-être eût-il été sage à la Gironde , puisqu’elle n’était réelle-ment pas la plus forte, de ne point revenir sur cette délibération.Le mouvement de la veille ne devait pas avoir d’autre résultat quela suppression des Douze, si d’autres causes ne le prolongeaient