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Histoire de la révolution française depuis 1789 jusqu'en 1814 / par F.-A. Mignet ; augmentée de l'histoire de la restauration jusqu'a l'avénement de Louis-Philippe Ier par Emile de Bonnechose
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212 DÉVOLUTION FRANÇAISE .

pour satisfaire les insurgés sans sacrifier entièrement les proscrits :

« Le comité sadresse, dit Barrère, au patriotisme, à la générosité» des membres accusés : il leur demande la suspension de leur pou-» voir, en leur représentant que cest la seule raison qui puisse» faire cesser les divisions qui affligent la république, et y ramener» la paix. » Quelques-uns dentre eux adhérèrent à cette mesure.Isnard se suspendit lui-mème; Lanthénas , Dussaulx et Fauchetimitèrent son exemple; Lanjuinais ne le suivit point. « Jai, je» crois, jusquà ce moment, montré quelque courage, dit-il ; nat-» tendez de moi ni suspension, ni démission. » Violemment inter-rompu : « Quand les anciens, ajouta-t-il, préparaient un sacrifice,» ils couronnaient la victime de fleurs et de bandelettes, en la» conduisant à lautel : le prêtre limmolait, mais il ne linsultaitd pas. » Barbaroux fut aussi ferme que Lanjuinais . « Jai juré,» dit-il, de mourir à mon poste; je tiendrai mon serment. » Lesconjurés de la Montagne sélevèrent eux-mêmes contre la proposi-tion du comité. Marat prétendit quil fallait être pur pour fairedes sacrifices, et Biliaud-Varennes demanda le jugement des Giron­ dins et non leur suspension.

Pendant que ce débat avait lieu, un député de la Montagne,Lacroix, entre précipitamment dans la salle , sélance à la tribune,déclare quil vient dêtre insulté à la porte, quon la empêché desortir, et que la convention nest pas libre. Un grand nombre deMontagnards sindignent contre Henriot et contre ses troupes.Danton dit quil faut venger vigoureusement la majesté nationaleoutragée. Barrère propose à la convention de se présenter au peu-ple : « Représentants, dit-il, ordonnez votre liberté, suspendez» votre séance, faites baisser devant vous les baïonnettes qui vousb entourent, b La convention entière se lève et se met en marche,précédée de ses huissiers, ayant en tète son président couvert ensigne de détresse. Elle arrive à une issue qui donnait sur la placedu Carrousel, et trouve Henriot à cheval, le sabre à la main. « Queb demande le peuple? lui dit le président Hérault de Séchelles ; lab convention nest occupée que de son bonheur. Hérault , répondb Henriot, le peuple nest pas levé pour entendre des phrases ; il veutb quon lui livre vingt-quatre coupables. Quon nous livre tous, »sécrient ceux qui entourent le président. Henriot se retourne alorsvers les siens, et crie : Canonniers , à vos pièces ! Deux canons sont