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Histoire de la révolution française depuis 1789 jusqu'en 1814 / par F.-A. Mignet ; augmentée de l'histoire de la restauration jusqu'a l'avénement de Louis-Philippe Ier par Emile de Bonnechose
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

mille hommes, ils reçurent les émigrés au milieu deux , donnèrentle commandement de leurs forces au royaliste Précy et au marquisde Yirieux, et concertèrent leurs opérations avec t le roi de Sar­ daigne .

La révolte de Lyon était dautant plus à craindre pour la con-vention , que cette ville, par sa position centrale, sappuyait sur leMidi , qui prenait les armes, tandis que tout lOuest sébranlaitaussi. A Marseille , la nouvelle du 31 mai avait soulevé les parti-sans des Girondins : Rebecqui sy était rendu en toute hâte. Lessections avaient été réunies; on avait mis hors la loi les membresdu tribunal révolutionnaire, arrêté les deux représentants Baux etAntiboul, et levé une armée de dix mille hommes pour savancercontre Paris . Ces mesures étaient lœuvre des royalistes, qui,comme ailleurs, nattendant quune occasion pour relever leurparti, sétaient présentés dabord avec les apparences républicaines,et avaient fini par agir en leur propre nom. Ils s'étaient emparésdes sections; et le mouvement ne sopérait plus en faveur desGirondins , mais pour les contre-révolutionnaires. Dès quon est enrévolte, le parti dont lopinion est la plus extrême et le but le plusprécis, lemporte sur ses associés. En voyant la nouvelle tournurede linsurrection, Rebecqui sétait jeté de désespoir dans le portde Marseille . Les insurgés prirent la route de Lyon ; leur exemplefut rapidement imité par Toulon , Nîmes , Montauban et les prin-cipales villes du Midi . Dans le Calvados , linsurrection avait eu lemême caractère de royalisme, depuis que le marquis dePuisaye,à la tète de quelques troupes, sétait introduit dans les rangsgirondins. Les villes de Bordeaux , de Nantes , de Brest , de Lorient étaient favorables aux proscrits du 2 juin, et quelques-unes sedéclarèrent pour eux; mais elles ne leur furent pas dun grandsecours, parce quelles furent retenues par le parti jacobin ou parla nécessité de combattre les royalistes de lOuest.

Ceux-ci, pendant cette levée presque générale des départements,étendaient leurs entreprises. Après leurs premières victoires,les Vendéens sétaient emparés de Bressuire, dArgenton, deThouars. Entièrement maîtres de leur propre pays, ils projetèrentden occuper les barrières, et de souvrir le chemin de la France révolutionnaire, ainsi que des communications avec lAngleterre.Le 6 juin, larmée vendéenne, composée de quarante mille hommes,