219
sous Cathelineaü , Lescure, Stofflet , La Rochejacquelin, marchasur Saumur , qu’elle enleva de vive force. Elle se disposa à attaqueret à prendre Nantes , pour assurer la possession de son propre payset disposer du cours de la Loire . Cathelineaü , à la tète des troupesvendéennes, partit de Saumur , après y avoir laissé garnison , pritAngers , passa la Loire , feignit de se diriger sur Tours et le Mans , etse jeta ensuite vivement du côté de Nantes , qu’il attaqua par la rivedroite, tandis que Charette devait l’attaquer par la rive gauche.
Tout semblait se réunir contre la convention pour l’accabler.Ses armées étaient battues au Nord et aux Pyrénées , en mêmetemps qu’elle était menacée par les Lyonnais au centre, les Mar-seillais dans le Midi , les Girondins dans une partie de l’Ouest etles Vendéens dans l’autre, et que vingt mille Piémontais pénétraienten France . La réaction militaire qui, après la brillante campagnede l’Argone et de la Belgique , avait eu lieu surtout à cause dudésaccord de Dumouriez et des Jacobins , de l’armée et du gouver-nement, s’était prononcée d’une manière bien plus désastreusedepuis la défection du général en chef. Il n’y avait plus d’ensembledans les mouvements, d’élan dans les troupes, de concert entre laconvention préoccupée de ses querelles et les généraux découragés.Les débris de l'armée de Dumouriez s’étaient réunis au camp deFamars , sous le commandement de Dampierre; mais ils avaientété obligés de se retirer, après une défaite, sous le canon de Bou-chain. Dampierre avait été tué. De Dunkerque à Givet , la frontièreétait menacée par des forces supérieures. Custine fut promptementappelé de la Moselle à l’armée du Nord ; mais sa présence ne réta-blit pas les affaires. Valenciennes , qui ouvrait la France , fut prise;Condé essuya le même sort ; l’armée, chassée de position en posi-tion , se retira derrière la Scarpe, en avant d’Arras , dernièreposition de retraite jusqu’à Paris . D’un autre côté, Mayence, vive-ment pressée par l’ennemi et la famine, perdit l’espoir d’être secou-rue par l’armée de la Moselle réduite à l’inaction, et, désespérantde tenir plus longtemps, elle capitula. Enfin le gouvernementanglais , voyant que la disette désolait Paris et les départements,déclara, après les journées du 31 mai et du 2 juin, tous les portsde France en état de blocus, et prononça la confiscation des bâti-ments neutres qui entreprendraient d’y porter des vivres. Cettemesure, nouvelle dans les fastes de l’histoire et destinée à affamer