Buch 
Histoire de la révolution française depuis 1789 jusqu'en 1814 / par F.-A. Mignet ; augmentée de l'histoire de la restauration jusqu'a l'avénement de Louis-Philippe Ier par Emile de Bonnechose
Entstehung
JPEG-Download
 

CONVENTION NATIONALE .

219

sous Cathelineaü , Lescure, Stofflet , La Rochejacquelin, marchasur Saumur , quelle enleva de vive force. Elle se disposa à attaqueret à prendre Nantes , pour assurer la possession de son propre payset disposer du cours de la Loire . Cathelineaü , à la tète des troupesvendéennes, partit de Saumur , après y avoir laissé garnison , pritAngers , passa la Loire , feignit de se diriger sur Tours et le Mans , etse jeta ensuite vivement du côté de Nantes , quil attaqua par la rivedroite, tandis que Charette devait lattaquer par la rive gauche.

Tout semblait se réunir contre la convention pour laccabler.Ses armées étaient battues au Nord et aux Pyrénées , en mêmetemps quelle était menacée par les Lyonnais au centre, les Mar-seillais dans le Midi , les Girondins dans une partie de lOuest etles Vendéens dans lautre, et que vingt mille Piémontais pénétraienten France . La réaction militaire qui, après la brillante campagnede lArgone et de la Belgique , avait eu lieu surtout à cause dudésaccord de Dumouriez et des Jacobins , de larmée et du gouver-nement, sétait prononcée dune manière bien plus désastreusedepuis la défection du général en chef. Il ny avait plus densembledans les mouvements, délan dans les troupes, de concert entre laconvention préoccupée de ses querelles et les généraux découragés.Les débris de l'armée de Dumouriez sétaient réunis au camp deFamars , sous le commandement de Dampierre; mais ils avaientété obligés de se retirer, après une défaite, sous le canon de Bou-chain. Dampierre avait été tué. De Dunkerque à Givet , la frontièreétait menacée par des forces supérieures. Custine fut promptementappelé de la Moselle à larmée du Nord ; mais sa présence ne réta-blit pas les affaires. Valenciennes , qui ouvrait la France , fut prise;Condé essuya le même sort ; larmée, chassée de position en posi-tion , se retira derrière la Scarpe, en avant dArras , dernièreposition de retraite jusquà Paris . Dun autre côté, Mayence, vive-ment pressée par lennemi et la famine, perdit lespoir dêtre secou-rue par larmée de la Moselle réduite à linaction, et, désespérantde tenir plus longtemps, elle capitula. Enfin le gouvernementanglais , voyant que la disette désolait Paris et les départements,déclara, après les journées du 31 mai et du 2 juin, tous les portsde France en état de blocus, et prononça la confiscation des bâti-ments neutres qui entreprendraient dy porter des vivres. Cettemesure, nouvelle dans les fastes de lhistoire et destinée à affamer