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Histoire de la révolution française depuis 1789 jusqu'en 1814 / par F.-A. Mignet ; augmentée de l'histoire de la restauration jusqu'a l'avénement de Louis-Philippe Ier par Emile de Bonnechose
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CONVENTION NATIONALE.

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Liées primaires qui se réunissaient sans convocation, à une époquefixe, qui nommaient les représentants et contrôlaient leurs actes;une assemblée nationale annuellement renouvelée, et qui nétait,à proprement parler, quun comité des assemblées primaires : telleétait cette constitution. Comme elle faisait gouverner la multitude,comme elle désorganisait entièrement le pouvoir, elle était impra-ticable en tout temps; mais elle létait surtout dans un moment deguerre générale. Le parti montagnard, au lieu de la plus extrêmedémocratie, avait besoin de la dictature la plus resserrée. La con-stitution fut suspendue aussitôt que faite, et lon maintint, en lerenforçant, le gouvernement révolutionnaire jusquà la paix.

Ce fut et pendant la discussion de la constitution et après sonrenvoi aux assemblées primaires que les 3Iontagnards apprirenttous les dangers dont ils étaient menacés. Ayant à comprimer danslintérieur trois ou quatre partis, à terminer des guerres civiles deplusieurs genres, à réparer les désastres des armées et à repousserlEurope entière, ces hommes hardis ne sépouvantèrent pas de leurposition. Les représentants des quarante-quatre mille municipalitésvinrent accepter la constitution. Admis à la barre de lassemblée,après avoir fait connaître le consentement du peuple, ils deman-dèrent larrestation de tous les gens suspects, et la levée en masse dupeuple. « Eh bien! sécria Danton , répondons à leur vœu! Les» députés des assemblées primaires viennent dexercer parmi nous» linitiative de la terreur! Je demande que la convention, qui doit» être maintenant pénétrée de toute sa dignité, car elle vient dêtre» revêtue de toute la force nationale, je demande que, par un» décret, elle investisse les commissaires des assemblées primaires» du droit de dresser létat des armes, des subsistances, des muni-» tions, de faire un appel au peuple, dexciter lénergie des citoyens,» et de mettre en réquisition quatre cent mille hommes. Cest à» coups de canon quil faut signifier la constitution à nos ennemis !» Cest linstant de faire ce grand et dernier serment, que nous» nous vouons tous à la mort ou que nous anéantirons les tyrans! »Le serment fut aussitôt prêté par tout ce quil y avait de députéset de citoyens dans la salle. Peu de jours après, Barrère, au nomdu comité de salut public, qui fut révolutionnairement composé,qui devint le centre des opérations et le gouvernement de lassem-blée , proposa des mesures plus générales encore : « La liberté,