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<|uitla brusquement la route dp Pise à Fiorcnzuola pour sc porter sur Livourne ,où il entra huit heures après; le général en chef se rendit aussi dans cette ville..Mais les Anglais avaient été prévenus, et leurs bâtiments étaient allés se met-tre à l’abri dans les ports de l’ile de Corse. Toutefois, l’occupation de Livourne ,la destruction de la factorerie anglaise, et la saisie de toutes les marchandisesbritanniques, se firent vivement sentir en Angleterre, et la Corse fut aussitôtmenacée par les Français. I)u port de Livourne , assignée pour point de ras-semblement à tous les Corses, Bonaparte , sur la fin de juillet, fit passer à sescompatriotes quatre mille fusils, mille paires de pistolets et six milliers de pou-dre. A l’arrivée de ces premiers Corses, parmi lesquels était le comte Bonelli,les montagnards prirent les armes. Ces attaques préludèrent à l’expédition qui,sous les ordres du général divisionnaire Gentili et des généraux Ce-rvoni et Ca-salta, devait, trois mois plus tard, affranchir la Corse de la domination anglaise.De Livourne , le général en chef se rendit à Florence , où il entra sans escorte.Peu de jours après, étant à table chez le grand-duc, il apprit que, le 29, la cita-delle de Milan avait capitulé. On y trouva de grands approvisionnements, unegarnison de deux mille cinq cents hommes, qui fut dirigée sur Lodi, cinq millefusils et cent cinquante pièces de canon. Ainsi, l’artillerie de siège, composée del'artillerie piémontaise qui avait fait ouvrir les portes de la citadelle de Milan ,était complétée par l’artillerie autrichienne pour l’attaque de Mantoue .
La nouvelle de la reddition du château de Milan rappela le général en chefaux opérations du siège de Mantoue . Il quitta Florence, et transporta successi-vement son quartier-général à Bologne , à Boverbella, à Castiglione. Cependantle sénat de Gènes n’avait point tenu ses promesses; le résident d’Autriche , quiavait fourni des armes aux rebelles d’Arquata, remplissait toujours ses fonctionsà Gènes, malgré les réclamations réitérées de Faypoult, résident de la républi-que. Les griefs s’accumulaient contre ce gouvernement, qui, dans son infidèleneutralité, avait constamment servi les intérêts de l’Autriche et de l’Angleterreau détriment de l’armée française. D’un autre rèté, la république de Venise suivait le même plan de perfidie, et, sous le voile de la neutralité, à l’approchedes renforts autrichiens conduits par Wurmser, elle faisait en secret des arme-ments considérables. L’Italie, sauf les villes de Bologne, de Ferrare , deFaenza,de Beggio, qui avaient d’enthousiasme arboré les couleurs de la liberté, était unvolcan prêt à dévorer l’armée française. La faction aristocratique et sacerdo-tale traitait d’une main et menaçait de l’autre. Elle faisait circuler dans toutela Péninsule des écrits incendiaires; elle provoquait au meurtre des Français ;elle quadruplait l’armée de Wurmser, et annonçait ce général comme un ven-geur qui allait délivrer Mantoue et toute la Lombardie . Pendant le séjour mêmede Bonaparte à Bologne , la petite ville de Lugo, située dans la légation de Fer-rare, fut tout à coup envahie par quelques milliers de paysans armés. Le gé-néral Beyrand y marcha avec sa brigade et enleva de vive force cette place, qui