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déconcerter par des merveilles inattendues tous les calculs de la prudencehumaine.
Cependant la violation du territoire prussien avait beaucoup accru la pré-pondérance du parti russe à Berlin . L’empereur Alexandre était venu en per-sonne aigrir les mécontentements du roi. Un traité mystérieux fut renouvelé etjuré entre eux sur la tombe du grand Frédéric, à Potzdam. Ce traité, ce ser-ment, avaient des racines plus profondes qu’on ne le crut alors : ils étaient in-spirés par ce jésuitisme politique qui attacha constamment une restrictionmentale à toutes les conventions que l’Europe conclut avec Napoléon , depuiscelles de Lunéville et d’Amiens .
Napoléon ne s’arrêta qu’un moment à Munich , qui le reçut en libérateur;déjà toutes ses divisions, arrivées simultanément aux différents points désignés,avaient franchi l’fnn, malgré les efforts d'une vive résistance. Au terrible com-bat de J)iernstein,le maréchal Mortier cueillit une des plus belles palmes decette guerre mémorable. Il n’a que cinq mille soldats, et rencontre dans un défilél’arrière-garde russe forte de vingt-cinq mille hommes. L’action dure depuis sixheures du matin jusqu’à quatre heures du soir. Le maréchal tue à l’ennemideux mille hommes, fait neuf cents prisonniers, prend dix drapeaux et six piècesde canon, se fraie un passage au travers des colonnes russes, et rejoint l’arméeavec sa troupe héroïque sur la rive droite du Danube. Le 15 novembre, Vienne reçoit le vainqueur dans ses murs.
L’empereur François, qui s’était retiré à Olmütz , dépêcha MM. de Stadionet de Giulay, munis de pleins pouvoirs pour négocier avec Napoléon , qui offritpréalablement un armistice, afin d’arrêter l’effusion du sang. U reconnut bien-tôt que toutes les démarches de ses ennemis n'étaient que des ruses dans le butde laisser à une troisième armée russe le temps d’arriver. La seconde arméerusse ne tarda pas à faire sa jonction à Wischau avec le maréchal lvutusoff.Napoléon envoya complimenter Alexandre à Wischau , et proposer une entre-vue à ce prince, qui lui adressa son aide-de-camp Dolgorouki. Napoléon venaitde faire à dessein un mouvement rétrograde de trois lieues. Dolgorouki letrouva occupé à fortifier sa nouvelle position, et il retourna prophétiser à sonmaître la destruction de l’armée française. Les Busses saisirent ardemment cefol espoir ; ils crurent Napoléon égaré par la victoire à deux cents lieues de safrontière, au centre de la Moravie , inquiété par l’accession secrète de la Prusseet par la fermentation du peuple de Vienne. Napoléon jugea autrement sa situa-tion ; il courut se porter sur Brünn, où il arriva avant les Russes , a De là, dit-il,«je choisirai mon moment et mon ennemi. »
Le 28 novembre, les coalisés étaient en deçà de Wischau , et commençaient lefatal mouvement que Napoléon leur avait, pour ainsi dire, inspiré par une feinteretraite. A la nouvelle de leur marche, Napoléon réunit sous sa main toutesles troupes dont il a besoin, et établit sa ligne de bataille, la droite au lac de