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« tactique duquel ils rendaient leur principale espérance n’est déjà plus! Ses«places fortes, sa capitale, ses magasins, ses arsenaux, deux cent quatre-« vingts drapeaux, sept cents pièces de bataille, cinq grandes places de guerre,
« sont en notre pouvoir. L’Oder, la Wartha, les déserts de la Pologne , lesmau-« vais temps de la saison, n’ont pu nous arrêter un moment. Vous avez tout« bravé, tout surmonté ; tout a fui à votre approche.
« C’est en vain que les Russes ont voulu défendre la capitale de cette an-« cienne et illustre Pologne : l’aigle française plane sur la Vistule . Le brave et« infortuné Polonais, en vous voyant, croit revoir les légions de Sobieski de« retour de leur mémorable expédition. Soldats! nous ne déposerons point les« armes que la paix générale n’ait affermi et assuré la puissance de nos alliés,
« n’ait restitué à notre commerce sa liberté et scs colonies. Nous avons conquis,
« sur l’Elbe et l’Oder, Pondichéry, nos établissements des Indes , le cap de« Bonne-Espérance, et les colonies espagnoles. Qui donnerait le droit de faire« espérer aux Russes de balancer les destins? Qui leur donnerait le droit de« renverser de si justes desseins? Exix et nous, ne sommes-nous pas les soldats« d’Austerlitz ?»
Les grandes situations inspirent les grandes idées. Ce fut de Posen queNapoléon décréta que sur l’emplacement de la Madeleine serait élevé unmonument dédié à ses braves, avec cette inscription : L'Empereur Napoléon auxsoldats de la Grande Armée ! Là devaient être tracés, sur des tables de marbre,les noms de tous les guerriers qui avaient assisté aux batailles d’Ulm, d’Auster-litz et d’iéna, et sur des tables d’or massif les noms de ceux qui étaient mortssur les champs de bataille.
Le 11 décembre, se conclut aussi à Posen un traité de paix et d’allianceentre Napoléon et l’électeur de Saxe. Par ce traité, ce prince reçut le titre deroi, et entra dans la Confédération du Rhin . Son contingent devait être de vingtmille hommes. Napoléon plaça avec plaisir une couronne sur la tête du pa-triarche des souverains allemands . L’effet moral et politique de cette élévationfut d’attirer à son auteur une part du respect dès longtemps attaché aux vertusde ce digne prince
Cependant le grand-maréchal Duroc s’était rendu de Posen à Osterode, pourfaire ratifier par le roi de Prusse la suspension d’armes conclue à Charlottem-bourg. Mais ce prince lui déclara que, les Russes occupant le reste de sesétats, il se trouvait dans leur entière dépendance, et ne pouvait reconnaître lasuspension d’armes, faute de moyens pour en exécuter les conditions.
L’heure de la grande guerre venait de sonner encore une fois. Napoléon quittaVarsovie et leva ses quartiers d’hiver. Le combat de Mohrungen servait de pré-lude à ce terrible réveil. Le 1 er février, toute l’armée était en marche. Lesaffaires de Rergfricd, de Waltersdoff, de Ileppen, qui avaient eu lieu du3 au 6 février, mais surtout l’enlèvement du plateau de Preussich-Eylau, et la