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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE NAPOLÉON.

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à toute tieure dans les appartements de Longwood : les occupations, l’état demaladie, le sommeil même, si nécessaire au prisonnier, ne suspendaient pointces visites réitérées. Ce n’est pas tout : la haine du cabinet britannique avaitenlevé d’avance à Napoléon la possibilité de recevoir des nouvelles de sa mère,de sa femme, de ses frères et de son fils! Leurs lettres, si on en laissait passerquelques-unes, ne lui arrivaient qu’après avoir été décachetées et lues. Vaine-ment Napoléon avait fait demander les journaux anglais et français , et les livresqui paraissaient pendant son exil, cette requête si simple avait été rejetée. Noncontent donc de l’enfermer vivant dans une affreuse prison qu’on s’appliquaità lui montrer comme son tombeau, on voulait encore lui interdire pour jamaistout rapport, même intellectuel, avec la France, l’Europe et le monde. Quelque-fois on paraissait se relâcher de la sévérité de cette consigne, mais c’était pourmettre sous ses yeux des fragments des gazettes et des libelles les plus remplisd’injures débitées contre lui par des misérables qui avaient rampé à ses piedset fatigué sa patience de leur servilité intéressée. La mort venait-elle à frapperquelques-uns des objets de son affection, le gouverneur, par un raffinement debarbarie , s’empressait de lui communiquer la fatale nouvelle ; en même temps,on lui enviait toutes les consolations du cœur. Ainsi, ayant appris qu’un voya-geur venu d’Europe avait vu Marie-Louise et touché de scs mains leur enfant,Napoléon , ému jusqu’au fond des entrailles, demanda la permission d’entretenirun instant cet étranger sur des personnes si chères : un refus cruel fut la réponsede sir Hudson. Napoléon , qui n’avait point abdiqué la première des souverai-netés de l’homme, celle de son propre cœur, restait supérieur à ces injures et àces outrages ; mais, à la lecture du discours prononcé dans la Chambre des pairs par lord Bathurst, qui, sourd aux instances privées, et opposant de lâches men-songes aux plaintes publiques de lord Holland et des membres les plus distin-gués de l’opposition au sujet de la détresse de l’illustre prisonnier sur le rocherde Sainte-Hélène , avait osé affirmer qu’il avait des trésors immenses à sa dis-position, il dicta de verve cette éloquente réfutation, bien moins pour confondrele ministre que pour être entendu de l’Angleterre et de la France, de l’Europe et de la postérité :

«Vous voulez connaître les trésors de Napoléon ! Ils sont immenses, il est« vrai ; mais ils sont exposés au grand jour. Les voici : le beau bassin d’Anvers ,« celui de Flessingue , capables de contenir les plus nombreuses escadres et de« les préserver des glaces de la mer; les ouvrages hydrauliques de Dunkerque ,« du Havre, de Nice; le gigantesque bassin de Cherbourg , les ouvrages mari-« times de Venise, les belles routes d’Anvers à Amsterdam, de Mayence à Metz ,« de Bordeaux à Bayonne ; les passages du Simplon, du Mont-Cenis, du Mont-« Genèvre, de la Corniche, qui ouvrent les Alpes dans quatre directions (dans« cela seul vous trouveriez plus de 800 millions), ces passages qui surpassent« en hardiesse, en grandeur et en efforts de l’art, tous les travaux des Romains!

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