de l’éditeur.
vi j
dans cette île, sans avoir eu le temps de son-ger à autre chose qu’à ses besoins les plus ur-gens; mais alors il commença à s’apercevoirque ses habillemens, ayant été exposés depuissi long-temps au changement continuel de cha-leur et de pluie, ne pouvaient plus tenir surson corps et tombaient en lambeaux. Qu’ons’imagine maintenant combien il dut souffrirde l’ardeur du soleil, dans une ile où le climatbrûlant paraît en avoir banni tout le règne vé-gétal et ses ombres rafraîchissantes ! Comme illui aurait été impossible de supporter conti-nuellement cette chaleur fatigante, il se plon-geait souvent dans l’eau.
« Trois ans se passèrent ainsi, sans qu’il putjamais rencontrer un seul homme ; il vit bienpasser différens vaisseaux pendant ce temps-là,mais il avait beau faire de la fumée ( signe dedétresse connu de tous les marins ), personnene s’approchait de son ile; ce qui affligeait tel-lement le pauvre Serrano, cfu’il eut souventl’idée de s’ôter la vie. Tous les jours il s’asseyaittristement sur quelque pointe de rocher ;ses regards planaient au loin sur la mer agitée;chaque nuage qui paraissait sur i’horizon luiprésentait la perfide image d’un navire.