DE L’É DITKr K.
X|
un autre malheur qui le toucha sensiblement :chemin faisant, son compagnon qui, depuistant d’années avait partagé toutes ses peines,vint à mourir. Enfin, le vaisseau arriva heu-reusement en Espagne , où Serrano eut l’hon-neur d’ètre présenté à l’Empereur, tel qu’onl’avait trouvé dans l’ile, c’est-à-dire, presquenu et velu comme un ours. L’Empereur futfrappé d’étonnement au récit des aventuressingulières de Serrano, et lui accorda une pen-sion de 4800 ducats; mais il n’en jouit quetrès-peu de temps : car s’étant rendu à Pana-ma , pour y vivre tranquillement avec sa pen-sion , il y mourut quelque temps après.
«Je tiens cette histoire, continue Garcilasode la Véga, d’un gentilhomme de foi, Garci-sanchez de Figuerra, qui a connu Serrano per-sonnellement. Il m’a même assuré que Serranolui-même lui avait raconté toutes ses aven-tures. «
Au reste, que De Foe ait tiré le fonds de sonouvrage de la relation de Garcilaso ou de cellede tout autre voyageur, cela n’enlève rien àl’intérêt de son histoire et à son talent commeécrivain. Il aura toujours le mérite d’avoir dé-veloppé les détails de ce roman, et suivi les