PITTORESQUE.
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historiens occidentaux appellent Boabdil , il envoya une Hotte ra-vager les côtes d’Espagne et fil ensuite, sans succès, la guerre auxMamlouks d’Egypte. Toutes les expéditions au Nord, en Moldavie ,en Bosnie et contre la Hongrie et la Pologne , n’eurent que desrésultats incomplets; il éclioua également contre Belgrade .
Il fut plus heureux cependant contre la Caramanie révoltée,contre la Perse et surtout contre les Vénitiens auxquels il enlevaLépante ; mais Venise implora le secours des puissances chré-tiennes ; la France et l’Espagne répondirent à cet appel et Gon-zaive de Cordoue , le grand capitaine, lui prêta son épée. Bajazetse détermina à faire la paix. La république garda Céphalonie etcéda Sainte-Maure, Modon, Coron et Lépante . Cette guerre avaitété signalée par d’horribles dévastations dans le Frioul, la Dal-raatie, la Croatie, la Carniole et la Carinthie .
Bajazet, doux de caractère, simple de mœurs, aimant le repos,la vie coutemplative, la science et la poésie, préférait aux combatsles plaisirs et les soins de l’administration; mais ses peuples,encore tout pleins d’enthousiasme et de fanatisme, voyaient àregret l'islamisme subir un temps d’arrêt; ils en accusaient leprince et son manque d’énergie. De là les troubles qui agitèrenttoute la fin de son règne et que ses fds Korkoud, Achmel et Selim s’efforcaient à l’envi de faire servir leurs ambitions.
Un jour les janissaires se présentent en tumulte aux portes dusérail, Bajazet leur demande ce qu'ils veulent : « Notre padichah estvieux et malade, répondent les audacieux ; nous voulons à sa placeSultan Selim . — Je lui cède l’empire, répond Bajazet qui trem-blait pour ses jours, que Dieu bénisse son règne; »
Trois jours après son abdication, Bajazet était mort* et Selim estgénéralement accusé de l’avoir fait empoisonner.