m
Les cheikhs, espérant être les maîtres sons ce simulacrede souverain, essayèrent de faire passer son idiotisme pour unsigne de sainteté et pour la préoccupation d’un esprit abîmé dansla contemplation des choses célestes ; mais le kyzlar agaçi (chefdes eunuques noirs) qui avait joui d’un grand pouvoir sous Achmet,s’unit au moufti et au kaïm-mekam et renversa Moustapha, troismois et quelques jours après son couronnement. On le relégua denouveau dans le harem et son neveu Osman ceignit le cimeterreaux acclamations de l’armée, pour qui l’avénement d’un nouvelempereur était l’assurance de nouvelles largesses.
Malgré son extrême jeunesse, Osman se montrait avide degloire, appliqué, plein de courage, ennemi de la mollesse etdes plaisirs. Jaloux de relever l’éclat des armes ottomanes, ilentreprit la conquête de la Pologne , dans le but de s’en faireun rempart contre les invasions de la Russie , dont il devinait etredoutait l’ambition. Avant d’entrer en campagne, Osman II sesouilla d’un crime qu’il crut nécessaire, sans doute, à l’affer-missement de son pouvoir, et qui, au contraire accéléra sa chute.Il fit étrangler son frère Mohammed, mais les janissaires dont ils’était aliéné l’affection, par sa rigueur excessive envers ceuxd’entre eux qui étaient adonnés au vin, ne lui pardonnèrent pas cemeurtre, et la première fois qu’il parut en public il fut accueillipar des murmures menaçants.
Cependant, en 1021, il se mit à la tête de ses troupes et entraen Pologne avec une armée formidable. Mais, dès le début de l’ex-pédition, il éprouva revers sur revers et bientôt la défaite deChoczim dut le faire renoncer à son entreprise ; ni son opiniâ-treté, hi l’exemple de son courage ne purent ranimer l’ardeurdu corps indiscipliné des janissaires. Ses reproches ne firent