PITTORESQUE. «3
que les aigrir contre lui et il dut signer une paix peu hono-rable.
Osman II ne songea plus des lors qu’à punir cette milice del’iiumilialion qu’elle lui axait subir. Des conseillers téméraires,notamment son précepteur Omer-Efendi, le poussèrent à transféreren Asie le siège du gouvernement ; là, en s’entourant des milicessyriennes et égyptiennes, il comptait réprimer l’arrogance des ja-nissaires et des spahis.
La révolte du prince des Druses et un pèlerinage à la Mecquedevaient lui servir de prétexte pour exécuter son dessein, dontquelques membres plus sages du divan voulurent en vain le dis-suader. Mais le bruit s’en étant répandu, il mit en rumeur la sol-datesque et fit éclater l’orage.
Lorsque enfin le sultan reconnut le danger, il était trop lardpour le conjurer; la révolte avait forcé les portes du sérail.Moustapha 1 er fut replacé sur le trône ; quand on enfonça la portedu harem, il crut qu’on venait l’assassiner et tendit docilementle cou aux soldats.
L’infortuné Osman, traîné au château des Sept-Tours et accabléd’insultes par une populace égarée, fut étranglé le lendemain parlechef du mouvement, Daoud-Paclia, beau-père de Moustapha. Ce futle premier prince ottoman qui périt de mort violente. Les oulémaset le moufli, dont il voulait restreindre la puissance, et le peuplequ'il traitait avec la plus grande sévérité, ne tentèrent rien pourle sauver.
L’imbécillité de Moustapha fit bientôt regretter Osman ; les ja-nissaires et les spahis, honteux d’obéir à un prince fou, effrayésd’ailleurs de l’indignation générale qu’avait causée le meurtredu jeune sultan, le déposèrent de nouveau l’année suivante.