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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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LA TURQUIE

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Le sultan Moustapha est le seul souverain auquel les historiensottomans refusent des éloges. Dans la première partie de sonrègne, il faillit y avoir rupture entre la Porte et la France , à pro-pos du traitement indigne qu’on avait fait subir à l’ambassadeur,l\l. de Harlay-Sancy, baron de la Môle, dont le drogman et le secré-taire furent mis à la question, et qui n’échappa lui-même qu’àgrand’peine à l’ignominieux supplice de la bastonnade, parcequ’il était soupçonné d’avoir favorisé l’évasion d’un officierpolonais.

Amurat IV, fils de Sultan Achmet, n’avait que 12 ans, lorsqu’ilsuccéda, le 18 septembre 1623, à son oncle Moustapha.

A la fin du dernier règne, le soubachi (lieutenant de police) deBagdad, nommé Bekir-Aga, avait chassé le beyler-bey Yousouf-Pacha, et demandé ensuite au sultan l’investiture de cette dignité.Le grand vizir répondit à cette insolente proposition par l’envoid’une armée qui commença par tuer quatre mille hommes aux re-belles, et vint mettre le siège devant Bagdad. Bekir implora alorsl’appui de Châh-Abbas qui saisit avec joie l’occasion de devenirmaître de cette grande cité ; mais, en même temps, le soubachinégociait traîtreusement avec les Ottomans .

Bekir avait déjà reçu une garnison de trois cents Persans ; legrand vizir, pour conserver la ville au padichah, lui abandonnaalors le gouvernement qu’il avait usurpé. Arrivé au terme de sesvœux, celui-ci fit pendre, sans autre forme de procès, les Persansintroduits dans la place, et foula aux pieds le turban d’honneurque lui avait envoyé le chah.

Mais bientôt Abbas parut devant Bagdad. Après un siège detrois mois, la ville fut prise par la trahison du fils même de Bekir.Le chah qu’il avait insulté et trahi, le fit périr du même supplice