PITTORESQUE.
(33
dont il avait fait périr jadis l’aga des azabs, son ennemi personnel,en l’abandonnant au cours d’un fleuve dans une barque enflam-mée et pleine de soufre et de bitume. Son fds qui l’avait venduet qui avait assisté, le verre en main, à la mort de son père, lareçut également pour prix de sa trahison. Après la chute deBagdad, les Persans s’emparèrent de Kerkouk et de Mossoul .
Cependant le grand vizir, Hafiz-Pacha, battit complètement lenouveau chef des rebelles d’Asie , Abaza-Pacha, qui voulait vengersur les janissaires le meurtre d’Osman. Mais une rupture avec laCrimée se termina au désavantage des Ottomans qui perdirentdix-sept pièces d’artillerie et un nombre immense de prisonniers.Enfin, au mois d’août 1626, l’escadre ottomane rencontra, àquelques lieues de Kara-Kirmen, trois cents barques cosaques :soixante-dix d’entre elles furent détruites pendant l’action , centsoixante-douze capturées, et près de huit cents Cosaques faitsprisonniers. Une expédition, entreprise au commencement del’automne contre la Perse, échoua complètement ; la mutinerie desjanissaires obligea le grand vizir à lever le siège de Bagdad et laretraite s’opéra avec les plus grandes difficultés.
En 1627, une nouvelle armée vint camper sous les murs deDiarbékir , et Abaza-Pacha fut engagé à joindre ses forces à cellesdu grand vizir ; il se soumit en apparence et ouvrit les portesd’Erzeroum aux janissaires, mais il tomba sur eux à l’improvistependant la nuit et les massacra tous jusqu’au dernier. La ville futensuite assiégée sans succès par le grand vizir pendant plus dedeux mois, mais Abaza dut faire sa soumission à Khosrevv-Paclia,en 1628. Le sultan qui le regardait comme un héros, le reçut avecbienveillance et le nomma beyler-bev de Bosnie .
Amurat, à cette époque âgé de dix-sept ans environ, commcn-