PITTORESQUE.
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il ne faudrait donc qu’un esprit supérieur, qu’un sultan sage,éclairé, entreprenant. Le pouvoir que la religion met entre sesmains, l’aveugle obéissance qu’elle prescrit aux sujets pour tout cequi émane de son autorité, en rendraient l’entreprise moins hasar-deuse et les succès moins incertains. Par la disposition textuelle dela loi, le souverain a le droit, la force, la puissance de changer àson gré les ressorts de l’administration civile et politique de l’em-pire, et d’adopter les principes que pourraient exiger les temps,les circonstances et l’intérêt de l’Etat. Tout dépend, comme onvoit, d’une seule tête. Qu’un Mohammed II, qu’un Sélim, qu’unSuleyman I er , montent encore sur le trône ; qu’ils soient secondéspar le génie puissant d’un Khaïr’ud-din-Pacha, d’un Sinan-Pacha,d’un Kupruli, etc.; qu’un moufti, animé du même zèle et du mêmeesprit, entre dans leurs vues; que ce chef des oulémas veuille, deconcert avec eux, faire tourner au bien de sa nation l'influenceque lui donnent et la dignité de sa place et l’opinion des peuples,alors on verrait ces mêmes Ottomans , jusque-là si concentrés danseux-mêmes et si tyrannisés par l’empire des préjugés populaires,entretenir avec les Européens des relations plus intimes, adopterleur tactique et leur système militaire, se livrer aux découvertesnouvelles, cultiver les sciences et les arts, élever leur administra-tion sur des principes différents, enfin changer absolument la facede l’empire. »
Ces pages prophétiques sont le plus bel éloge de Mahmoud IL
La postérité est juste ; elle tient compte de mille choses quiéchappent aux yeux des contemporains, précisément parce qu’ilsen sont trop rapprochés pour les voir. Elle dira de Mahmoud qu’ilfut grand, aussi grand que le czar Pierre, plus grand peut-être,car elle mesurera son œuvre d’après les difficultés qu’il eut à sur-