PITTORESQUE.
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sol est d’une fertilité inouïe, grâce au ciel le plus beau et le plusdoux de la terre.
Quoique située sous la même latitude que l’Italie et l’Espagne ,il fait généralement beaucoup moins chaud dans la Turquie d’Eu-rope que dans ces deux contrées. Quant à la Turquie d’Asie , latempérature y est singulièrement variée, suivant la latitude et l’al-titude des lieux : ainsi sur le plateau d’Arménie on trouve encorede la neige au mois de mai, même dans les plaines, tandis que leversant méridional du Taurus, l’un de ses contre-forts, est cou-vert d’une végétation intertropicale.
Cependant ce pays, si admirablement favorisé, est désolé par deterribles fléaux. Dans tout le midi de l’Asie turque, le simoun vientdes déserts de l’Arabie mêler son souffle brûlant et quelquefoismortel, aux chaleurs excessives de l’été. Des fièvres malignes, lapetite vérole et surtout la peste dont l’Égypte paraît être le foyer,y exercent aussi des ravages affreux.
La végétation de la Turquie n’étonne pas moins par sa variétéque par sa richesse. Les versants des montagnes de la Croatie etde la Bosnie sont couverts de forêts d’aunes et de chênes, au suddes Balkans on trouve le sycomore, le caroubier, le platane, lecyprès qui y atteint des proportions inconnues dans nos froidspays du nord, le marronnier, l’érable, le térébintlie, l’olivier,l’oranger, le figuier, le cèdre ; enfin au sud du Taurus, le palmier,le dattier, le bananier, le pistachier, la canne à sucre et toutes lesplantes des pays chauds.
L’agriculture est extrêmement arriérée dans tout l’empire. Ce-pendant, grâce à la fertilité du sol, les produits dépassent encorela consommation. En Asie de vastes territoires productifs sont in-cultes par le manque d’industrie des habitants, et encore plutôt par