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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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LA TURQUIE

dos de bêtes. Constantinople, Andrinopleet Salonique, en Europe ,Srayrne, Alep, en Asie , sont les principales places de commerce del’Empire.

Presque toutes les nations de l’Europe participent aux profitsdu commerce du Levant. Elles y envoient les produits de leurindustrie, des denrées coloniales et jusqu’au café des Antilles ,malgré le voisinage de l’Arabie, et en retirent des fruits du sud,dont l’exportation annuelle s’élève à plus de 100,000 quintaux,du coton, de la soie, de la gomme, des drogueries, des parfume-ries, des noix de galle, de la cire, du bois de construction, du poilde chèvre et de chameau, et quelques produits de l’industrie.L’Angleterre, la France, la Russie et l’Autriche ont les plus fortesparts dans ce commerce.

Il n’existe aucun recensement officiel de la population de l’em-pire ottoman . Aussi les estimations qui en ont été faites varientsingulièrement. Cependant les calculs les plus probables l’évaluentà 22 ou 23 millions d’àmes pour les Turquies d’Europe et d’Asie réunies.

Sur ce nombre la Turquie européenne entrerait à elle seulepour 13 ou 14 millions. Dans la Turquie d’Asie autrefois beau-coup plus florissante, la dépopulation a fait d’effrayants progrès.C’est à l’anarchie qui a si longtemps désolé ces contrées et auxémigrations continuelles des Grecs et des Arméniens en Europe et dans les provinces russes du Caucase qu’il faut principalementl’attribuer. Les campagnes y sont désertes et presque tous leshabitants sédentaires groupés autour des villes, sans que pourtantcelles-ci aient pu se maintenir au niveau de leur ancienne impor-tance. De toutes ces cités d’Orient, jadis si commerçantes et sipopuleuses, aucune ne paraît avoir conservé 100,000 âmes.