Buch 
La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
Entstehung
Seite
185
JPEG-Download
 

PITTORESQUE.

I 83

Cette population est un amalgame d’une foule de peuples très-différents d’origine, de mœurs et de langage, et, il faut le dire,vivant entre eux dans des rapports fort inégaux, malgré les géné-reux efforts du sultan Abdul-Medjid pour leur donner à tous lesmêmes droits et les mêmes devoirs.

On peut les ranger en neuf races principales : Turcs, Grecs ,Slaves, Yalaques, Albanais, Arméniens, Juifs, Arabes et Kourdes,et en plusieurs autres secondaires.

Les Turcs ottomans qui s’appellent eux-mêmes Osmanlis, for-ment le peuple dominant. Répandus dans tout l’empire, c’est dansles provinces rapprochées de la capitale et dans l’Anatolie qu’ilssont le plus nombreux.

Ils sont mahométans sunnites ou orthodoxes, ainsi qu’une partiedes Bosniaques et des Arnautes, un petit nombre de Bulgares, lesTartares, les Turcomans, les Lazes et beaucoup de tribus arabeset kourdes. Quant à la croyance dissidente des Chyites, ellecompte parmi ses partisans en Turquie les Moutoualis, quelquestribus arabes et kourdes, et même plusieurs peuplades de l’Al-banie .

Les Grecs, sujets de l’empire ottoman , sont au nombre d’en-viron 2 millions, dont les cinq huitièmes sont fixés en Europe .C’est, de tous les peuples soumis aux Turcs , le moins arriéré et leplus civilisé. Négociants habiles ou cultivateurs, peu de Grecspossèdent des terres hors des provinces où, comme en Thessalicet dans les îles, ils dominent absolument par le nombre.

La race slave, composée de différentes branches, occupe dansla partie septentrionale de la Turquie d’Europe , tout le pays com-pris entre le Danube, le Balkan et l’Albanie , et compte près de4 millions d’individus. Ce sont des Serbes ou Rascicns, des