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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE.

Il) O

se coiffent d’une façon charmante; leurs cheveux, partagés enbandeaux ondulés, sont ramenés en grosse natte sur le devant de latcte, ainsi que dans les statues antiques de Cérès, et un léger voilede gaze bleue protège le derrière de la tête. Mais elles ont, engénéral, abandonné leur ancien costume national, si élégant pour-tant, pour les robes à la française ; elles ont cependant conservé laveste de soie brodée qui leur donne encore un caractère assezpittoresque.

Pour achever ce rapide tableau de la physionomie de Constan-tinople , il convient de parler ici des incendies si terribles et si fré-quents qui renouvellent la ville, on peut le dire, tous les cinquante, ans.

Excepté les mosquées, les aqueducs , les fontaines, quelquesmaisons du Phanar, les constructions génoises de Galata et cellestoutes modernes de Péra, Stamboul et ses dépendances sontentièrement construits en bois,parce que les musulmans réserventla pierre et le marbre, les matériaux solides et précieux, à l’habi-tation de Dieu , et ne laissent à l’homme que des maisons de boisaussi peu durables que lui. Si l’on connaît d’ailleurs la négligenceet le fatalisme des Orientaux, on concevra sans peine que l’incendiesoit un fait normal à Constantinople .

Une fois le feu éteint, les maisons se rebâtissent prompte-ment et les rues se rétablissent comme elles étaient, sans qu’onmette à profil l’accident arrivé pour faire la moindre amélioration.

On avertit les habitants que l’incendie a éclaté dans unepartie de la ville, en suspendant, au sommet de la tour duSéraskier qui se dresse à une hauteur prodigieuse derrière lamosquée de Bayezid, ainsi qu’à celle de Galata , de l’autre côté dela Corne-d’Or , un panier d’osier, si c’est le jour, une lanterne, si