PITTORESQUE.
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devant les yeux Sainte-Sophie, Agia Sofia , ce qui, par parenthèse,n’est pas le nom d’une sainte et veut dire « la sagesse divine. » LesTurcs n’ont pas changé le nom de la vieille basilique chrétienneen la convertissant en mosquée.
Au premier aspect, Sainte-Sophie ne répond pas à l’idéegrandiose qu’on s’en est faite. Entourée de bains, d’écoles, detombeaux, d’échoppes qui y ont été ajoutés après coup, elle neprésente d’abord qu’une masse incohérente de constructions hété-rogènes, du milieu desquelles s’élancent ses quatre minarets ets’élève son dôme aplati qui, dans la pensée de l’architecte, devaitimiter la voûte des cieux.
Mais à l’intérieur, rien n’interrompt la vue, et quoique lamajeure partie des ornements, frisures et mosaïques à fond d’or, aitdisparu sous une épaisse couche de chaux , car le mahométismeest encore plus sévère sur ce point que le protestantisme même,c’est encore un des plus magnifiques temples que la main del’homme ait jamais élevés à Dieu .
Du haut des tribunes on embrasse admirablement l’ensemblede cet immense édifice. La coupole, éclairée de fenêtres, placéestrès-près les unes des autres, et au nombre de vingt-quatre, portesur quatre grandes arcades, liées à autant de demi-dômes.
Les tribunes reposent sur de nombreuses colonnes de porphyreet de jaspe; des tables de porphyre incrustées dans la murailleportent gravés en caractères arabes les noms de Dieu, de Mahomet et des quatre premiers khalifes. Du grand dôme sont suspenduesune infinité de lampes en verre de diverses couleurs, entremêléesde globes de cristal et soutenues par des cercles de fils de fer demanière à former lustre, des houppes de soie, des œufs d’autruche,des cassolettes d’or et d’argent,