PITTORESQUE. 227
scment ne iournissant que le chibouck et le narguileh. Chaquetasse de ce café trouble, mais délicieusement parfumé, se paievingt paras (12 centimes).
11 y a loin, on le voit, de celte simplicité à la splendeur desCafés Turcs de Paris ou de Marseille ; point d’arcs en cœur, defenêtres à trèfles, de colonnettes, de miroirs, d’œufs d’autruche,point de carreaux de faïence vernissée, de guipure de stuc, devoûtes en ruches d’abeilles, point de .coloriage en vert, en rougeet en or, et comme le remarque encore l’humoristique ThéophileGautier , beaucoup d’établissements où l’on vend du bouillon hol-landais, à Paris , ont des magnificences équivalentes.
Cependant les cafés que fréquentent les Francs et les Armé-niens sont ornés avec plus de richesse, sinon avec plus de goût.
Ajoutons qu’en Turquie , le dernier homme du peuple, en hail-lons, ira s’asseoir au café à côté du grand seigneur le plus somp-tueusement vêtu, sans que celui-ci songe le moins du monde às’en formaliser. Il est vrai que les Orientaux ont une dignité natu-relle, inconnue chez nous autres civilisés, et que l’absence d’ivro-gnerie rend praticables les dernières classes de la société.
Les cafés de Constantinople sont assez souvent égayés par destroupes de musiciens qui chantent et jouent sur des instrumentsdes airs nationaux d’un caractère étrange pour des oreilles euro-péennes, mais que les Turcs entendent sans se lasser des heuresentières, avec tous les signes de la plus vive satisfaction.
Les bains sont très-nombreux à Constantinople , car se baignerest un des premiers besoins de la vie pour les Orientaux ; les men-diants même se passeront de manger, mais ils auront leur pipe et ilsse baigneront. Cela tient au climat et à la religion, qui fait de lapropreté plus qu’une vertu, un devoir sacré. Les musulmans pieux