PITTORESQUE.
2 07
Bassora , plus correctement Basrah, mot arabe qui signifie ter-rain pierreux, est bâtie à l’extrémité méridionale de l’Irak-Arabi,sur la rive occidentale du Schot-el-Arab, à cent dix kilomètres del’embouchure de ce fleuve, qui est navigable pour des bâtimentsde cinq cents tonneaux jusqu’aux murs mêmes de la ville.
Dans l’enceinte de ces murs, qui est de douze kilomètres, onvoit beaucoup de jardins et de plantations, ce qui n’empêche pour-tant pas Bassora d’être un endroit fort malpropre. Les nombreuxcanaux qui la coupent, et les émanations putrides résultant desfréquents débordements du fleuve, en rendent le séjour très-mal-sain et pernicieux surtout pour les étrangers.
Les maisons, construites en briques, sont basses et ont des toitsen terrasses. Les bazars renferment les produits les plus précieuxde l’Orient. La factorerie anglaise, qui est un des beaux monu-ments de Bassora , est le siège de la résidence britannique et l’in-termédiaire de la correspondance entre les possessions indienneset la Métropole.
La population est de cinquante à soixante mille habitants, dontla moitié Arabes, un quart Persans, et le reste Turcs , Arméniens,Juifs, Kurdes et Hindous, plus les Européens des factoreries.Les Turcs sont pour la plupart fonctionnaires civils et mili-taires ; parmi les commerçants on ne compte presque que desArméniens.
Bassora est l’entrepôt général de la Turquie et de la Perse pourtous les produits de l’Inde . Les bâtiments arabes, principalementceux de Mascate, et cinq ou six navires anglais venant de l’Inde ,font presque exclusivement le commerce maritime. Sur terre, lestransports ont lieu par caravanes d’Alep, de Damas , de Bagdad etd’autres villes de l'intérieur de l’Asie ,