PITTORESQUE.
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Il supporte les frais du pèlerinage, mais comme il hérite despieux hadjis qui laissent leurs os sur le chemin de la ville sainte,leurs dépouilles font une ample compensation, et ce poste esttrès-envié. Le terrain à l’est de Damas qui sert de campement àla caravane de la Mecque a aussi des souvenirs pour les chré-tiens ; c’est l’endroit consacré par la conversion de saint Paul.
Rahat-Amman est l’ancienne Philadelphie ; on y voit les ruinesd’un palais considérable, un amphithéâtre magnifique, vaste etbien conservé, un temple avec un grand nombre de colonnesencore debout et sur le sommet de la colline, un autre temple enrotonde, dont les colonnes sont d’une grandeur extraordinaire.
Il nous reste à parler de Palmyre , la ville de Salomon et deZénobie . Pour y arriver, il faut traverser des steppes incultes entredeux chaînes de montagnes. On pénètre ensuite dans une gorgeétroite qui s’élargit à mesure qu’on avance et à P extrémité delaquelle on aperçoit de vastes ruines dans un océan de sable.L’œil se perd au milieu d’immenses files de colonnes, et ne dis-tingue au loin, dans une étendue de treize cents toises, que forêlsde piliers, tombeaux détruits, fûts et chapiteaux mutilés, éparssur le sol. Au centre, sont les débris du temple du Soleil, dont laporte, par une singularité remarquable, est tournée vers î’occi,dent, contre l’usage des peuples de ces climats, dont les templess’ouvraient toujours du côté de l’orient.
Ces ruines sont de plusieurs époques, les plus anciennes datentde trois siècles avant l’ère chrétienne, et on ne peut douter quecette ville ne remonte à une antiquité beaucoup plus reculée. Lessavants sont en général d’accord pour reconnaître dans Palmyre une très-ancienne ville, que, selon 1 historien Josèphe, Salomonfortifia pour s’en assurer la possession, et à laquelle il donna le