Buch 
La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
Entstehung
Seite
298
JPEG-Download
 

298

LA TURQUIE

pris leurs grades et satisfait aux épreuves, ils peuvent remplir lesfonctions énumérées ci-dessus, et sont, en outre, exemptés de toutimpôt.

Les oulémas, ministres de la religion, parmi lesquels on necompte pas les derviches, se divisent en cinq classes : les cheiks,prédicateurs ordinaires dont un est attaché à chaque mosquée,les khatibs (anciens), qui remplissent les fonctions sacerdotales levendredi ; les imans, qui en sont les véritables curés ; les muez -zins ; enfin les cayms, gardiens des temples,

Les oulémas qui se destinent à la magistrature se nommentsoftas ou llialibs ; lorsqu’ils ont obtenu le diplôme de mulazim,ils sont aptes aux places de naïbs, cadis, juges des cinquième etquatrième ordres. Après sept autres années d’études ils peuventêtre reçus muderiss (professeurs), grade qui les rend aptes à êtremouflis ou interprètes de la loi en province, mollahs ou jugesde deuxième et troisième ordre. Enfin le muderiss peut encoreparcourir les dix degrés du professorat, et s’il est reçu mollahmakredji, le grade le plus élevé de tous, il peut prétendre auxplus hautes fonctions, même à celle de ckeik-ul-islam.

Quant à l’organisation judiciaire, la Turquie possède une hautecour qui ne revise pas les procès en appel, mais devant laquelleon a la latitude de porter son procès. Elle se compose de deuxchambres, l’une pour la Roumilie et la Turquie d’Europe , l’autrepour l’Anatolie et la Turquie d’Asie .

Immédiatement au-dessous sont placés vingt-quatre mevlevietsprésidés par des mollahs, et plus bas encore cent vingt-six cazas.Enfin les naïbs rendent la justice dans les villages.

Tous ces tribunaux jugent en dernier ressort et ont la mêmecompétence ; on peut indistinctement porter devant eux toute