XIV
PRÉFACE.
la leur ; & si c’est-là le point de vue dans lequel ondoive les faire paroître , lorfqu’on veut réussir , il y adequoi faire trembler le Traducteur le plus hardi.
Je n’ai pas dessein de faire valoir ma Traductionaux dépens de celles qui l’ont précédée ; mais je puisavancer hardiment que les Métamorphoses traduitesplusieurs fois avoient encore besoin de l'être. Soitnégligence , soit manque de bons manuscrits , quifixassent la véritable leçon qu’il falloit suivre, dès lapremière de ces Traductions, on remarque des fautesque ceux qui font venus après , n’ont pas évitées.Ovide y est pris souvent à contre-sens : on n est pointentré dans son esprit ; on le fait languir en le para-phrasant , ou on l’estropie en ne rendant qu’une par-tie de ce qu’il a voulu dire. On ne présente pas tou-jours les mêmes images, ôc on lui en substitue d’au-tres qui ne font ni aussi liantes, ni aussi belles. II meseroit aisé de donner ici une liste des fautes que j’aíremarquées dans ces Traductions ; mais comme je sensque j’ai besoin moi-même de beaucoup d’indulgence,il ne me conviendroit pas de faire trop rigoureuse-ment le procès aux autres. Les Auteurs ont leur Jugenaturel, c'est à lui à décider si j’ai rendu Ovide exacte-ment.
Pour mettre les Lecteurs en état d’en juger plusfacilement, j’ai fait imprimer à côté de la Traductionle texte Latin , corrigé exactement par le sçavant ôclaborieux M, Burman, ôc je dois avouer que ces cor-