XV) PRÉFACE.
me à sa manière de penser, ou au plan de ses études?Et comme le voile, dont les Poètes ont couvert lesvérités renfermées dans leurs fictions, y a répandu unemystérieuse obscurité ; on y a trouvé tout ce qu’on avoulu, Physique, Morale, Chymie, Médecine.Pourmoi, accoutumé depuis long-temps à ne regarder lesFables que comme les dépositaires des événemens duMonde naissant, je me fuis toujours appliqué à décou-vrir FHistoire quelles renferment.
Les actions des anciens Héros surent d'ab or d célé-brées par des Cantiques que l’on chantoit en leurhonneur. Tel est le premier état des Fables, & si j'osem’expliquer ainsi, leur enfance. Ces Cantiques, danslesquels les belles actions des grands Hommes étoient,fans doute, exposées d’une manière fort simple ôt fortnaturelle, comme dans la plupart de nos anciennesChansons , passerent ensuite dans les Ouvrages desPoètes , avec tous les ornemens de la Poésie. Ceux quidans la fuite lûrent ces anciens Poèmes, n’ayant puse persuader que de grands génies n’eussent employéque des faits souvent peu intéressans, s’imaginèrentqu’ils avoient caché fous leurs fictions tout le secretdes Sciences & des Arts, 6c ouvrirent par-là un vastechamp à l’allégorie. On entendit finesse à tout. LesPoètes eurent de l’esprit par-tout, même dans les en-droits où ils n’avoient songé qu'à transmettre de lamanière la plus simple la Tradition reçue ; & ce quiest assez dans le goût des hommes, sur-tou.t lorsqu’il
s’agit