ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 171
France; enfin, Louis XIV remettait en liberté tous les sujets anglais détenusen France pour cause de religion.
L Empire obtenait la souveraineté des huit provinces et demie de la Flan-dre espagnole; la souveraineté de Naples et de la Sardaigne lui était assurée,ainsi qu’une partie de la Lombardie, et les quatre ports des côtes de la Tos-cane .
La Hollande possédait enfin la barrière qu’elle avait toujours désirée, etrestait maîtresse des plus fortes villes de la Flandre , qui lui avaient été sisouvent enlevées et rendues.
Le duo de Savoie avait la Sicile et prenait le titre de roi; il devait posséderen outre sur le continent Fenestrelles, Exiles , et la vallée de Pragelas.
Quant à la France, on lui rendait Lille, Béthune, Aire et Saint-Venant ;elle gardait Strasbourg et Landau qu’elle avait offert de rendre, Huningue etNeuf-Brisach qu’elle avait proposé de raser; enfin, l’Alsace lui était garantieen toute souveraineté. De plus, les électeurs de Cologne et de Bavière , sesalliés, rentraient dans leurs États.
Deux ans après, Louis XIV mourut, laissant le trône à son arrière-petit-fils, Louis XV , et la régence au duc d’Orléans, son neveu.
De 4713 à 4733, l’Europe se reposa de près d’un siècle de guerre. Vingtans de paix avaient retrempé l’Europe ; on sentait instinctivement que cecalme prolongé allait finir. Quelque chose s’amassait dans l’air qui rassem-blait à une tempête. La mort d’Auguste 1 er la fit éclater.
Le roi Stanislas, beau-père de Louis XV, déjà couronné roi de Pologne à Varsovie en 1705, fut élu une seconde fois en 1733. Mais l’empereurCharles VI, qui voyait par là son influence diminuer dans le Nord , parvint àfaire annuler cette élection par celle de Frédéric-Auguste II , fils du roi quivenait de mourir. Même chose était déjà arrivée sous Louis XIV pour le princede Conti, qui, solennellement élu, ne put jamais monter sur le trône où ilavait été appelé.
Cette conduite de l’Autriche, à l’égard de la France , amena une ruptureentre les deux couronnes.
La France mit deux armées sur pied : l’une destinée à agir sur le Rhin etcommandée par le maréchal de Berwick ; l’autre, en Italie , sous le comman-dementdu vainqueur de Denain. L’Autriche , de son côté, confia le commande-ment de son armée du Rhin au prince Eugène, et de celle d’Italie au comte deMercy. Ainsi quatre des grandes gloires du règne de Louis XIV se trouvaient enprésence; mais l’âge avait refroidi la sève impétueuse de leurs jeunes années.les inspirations heureuses, ces éclairs du génie, illuminent rarement les frontsvieillis et sillonnés de rides. On aurait eu peine à reconnaître l’audacieux ,prince Eugène dans le commandant des armées impériales de 1733, et l’in-vincible maréchal de Villars dans le vieux général de l’armée d’Italie . Aussiles opérations se bornèrent-elles à quelques sièges, à de petites manœuvresprécautionneuses, à des combats sans importance.