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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 175

qm lui était étrangère, et l’empereur qu’elle avait fait nommer fut trois foischassé de ses États. C’est avec peine que le maréchal deBelle-Isle put rame-ner son armée engagée en Allemagne .

Au commencement de 1744, le roi Louis XV était en guerre ouverte avecl’Angleterre et l’Autriche. Il envoya en Italie une armée sous les ordres duprince de Conti, une armée sur le Rhin , sous les ordres du maréchal de Coi-gny, et deux en Flandre , commandées par Noailles et le maréchal de Saxe.Le roi vint lui-même pour diriger les opérations au nord, et renouveler lagloire des campagnes de 1666 et 1672.

Après avoir passé ses troupes en revue, il les conduisit au siège de Menin :la place se rendit presque aussitôt qu’elle fut investie ; Ypres tomba à son tourcomme Menin ; Fûmes se rendit également.

La campagne s’ouvrait donc, comme on le voit, sous de splendides auspices,lorsque le prince Charles passa le Rhin, et que Louis XV, rappelé en Alsace ,laissa le maréchal de Saxe suivre la guerre de Flandre avec une armée qui,réduite d’un tiers par les différents détachements qu’on avait acheminés surle Rhin , ne montait plus qu’à quarante-cinq mille hommes; elle ne pouvaitdonc rien entreprendre contre celle des alliés qui en comptait quatre-vingtmille : elle se contenta de garder les trois villes prises, et se retira dansle camp de Cambrai . Au mois d’avril 1745 le maréchal de Saxe reprit le com-mandement des troupes de l’armée de Flandre réunies à Bouchain, en atten-dant l’arrivée du roi. Après quelques faux mouvements exécutés pour dé-router l’ennemi, il s’abattit sur Tournai , et se disposa à en faire le siège.

Tournai était l’ancienne capitale de la domination française en Flandre , etla plus forte place de la barrière. Louis XIV avait épuisé son trésor, Vauban son génie, à fortifier la ville et à élever la citadelle : elle était bien approvi-sionnée, et avait une nombreuse garnison. Cependant, toutes ces conditionsde défense ne rassuraient point l’ennemi; les États généraux des sept Pro-vinces décidèrent que l’on hasarderait une bataille, plutôt que de risquer laperte de Tournai. En conséquence, les alliés s’avancèrent jusqu’à Cambray :les deux armées n’étaient plus qu’à sept lieues l’une de l’autre. Le roi, ayantappris cette nouvelle, partit aussitôt de Paris avec le dauphin : le roi avaittrente-sept ans, et le dauphin seize ans. Tous deux allaient assister, pour lapremière fois, à une bataille sérieuse; car les sièges de Menin, d’Ypres , deFumes, qu’ils avaient faits l’année précédente, n’avaient réellement été quedes escarmouches.

L’armée alliée était forte de cinquante-cinq mille hommes. Elle se compo-sait de vingt bataillons et de vingt-six escadrons anglais , de cinq bataillons etde seize escadrons hanovriens, commandés par le jeune duc de Cumberland,qui, deux ans auparavant, avait, sous le roi son père, fait ses premièresarmesàDettinghen, comme le dauphin allait les faire à Fontenoi ; de quaranteescadrons et de vingt-six bataillons hollandais, commandés par le prince deWaldeck; enfin, de huit escadrons autrichiens seulement : mais ces huit esca-drons avaient pour chef le vieux général Kœnigseck, qui avait fait la guerre