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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

aux genoux du roi : « Sire, lui dit-il, je puis mourir maintenant; je ne dési-rais de vivre aujourd’hui que pour voir Votre Majesté victorieuse; maintenantvous savez à quoi tiennent les batailles. »

Le roi releva le maréchal, et l’embrassa à la vue de toute l’armée.

La victoire de Fontenoi décida du sort de la guerre et prépara la conquêtedes Pays-Bas. Tournay se rendit peu de jours après. Gand, Oudenarde , Den-dermunde,Ostende , Bruxelles etAnvers ouvrirent successivement leurs portesaux Français , après quatre campagnes, plusieurs rudes journées, commecelle de Mesle (1745), et deux sanglantes batailles livrées, l’une à Raucoux(11 octobre 1746), où les alliés perdirent douze mille hommes, tués ou bles-sés, trois mille prisonniers, cinquante pièces de canon et neuf drapeaux, etl’autre à Lawfeld (2 juillet 1747), où les ennemis, commandés par le duc deCumberland, laissèrent dix mille hommes sur le champ de bataille, huitcents prisonniers, vingt-neuf canons et seize drapeaux. C’est le vieux maré-chal de Saxe qui ajouta ces deux noms de bataille à ses titres de gloire.

Pendant qu’en Flandre les armées de LouisXV portaient de rudes coupsauxcoalisés, le maréchal de Coigny, avec l’armée du Rhin, battait les Autrichiensau combat et à la prise des lignes de Lauterbourg et de Weisseinbourg. EnItalie, le prince de Conti, à la tête de l’armée franco -espagnole, s’emparaitde Nice , du fort de Montalberg, forçait les retranchements des vallées de laStura et gagnait la bataille deConi (28 septembre 1744). Dans le même temps,le roi de Prusse Frédéric révélait son génie militaire à la bataille de Fried-berg, où il écrasait les Autrichiens et faisait une utile diversion aux opéra-tions de l’armée du Rhin. Mais les succès des armées d’Italie furent suivis dequelques revers. En 1746, les alliés reprirent Asti, Lodi, Casai, Parme et Va-lence, et remportèrent la bataille de Plaisance (16 juin 1746). Sur mer, nosflottes essuyèrent également des revers. Le maréchal de Belle—Isle remplaçaà l’armée d’Italie le maréchal de Maillebois ; il arrêta les progrès des en-nemis. En même temps, Louis XV envoyait des secours à Gênes , qui s’étaitrévoltée contre les Autrichiens. Boulïlers et le duc de Richelieu y signalèrentleur présence par des victoires.

Le roi de France était dans une position singulière : toujours vainqueur,toujours proposant la paix, il se voyait toujours refusé ; il résolut donc defrapper un grand coup par la prise de Berg-op-Zoom .

Berg-op-Zoom était réputé imprenable : un bras de mer formé par l’Es-caut lui servait de défense d’un côté, tandis que de l’autre, pour le fortifier,Cohorn avait rassemblé toutes les ressources de son génie ; en outre, la villeavait une bonne garnison, et des lignes, gardées par un corps considérablede troupes, pouvaient à chaque instant secourir la place. Le comte de Saxeétait trop malade pour diriger les opérations lui-même : le roi en chargea lecomte de Lowendahl, homme de génie, homme du monde, homme de guerre,parlant toutes les langues de l’Europe , connaissant à fond la manière de gou-verner des rois et la manière de combattre de chaque peuple ; grand général,grand politique, qui avait fait la guerre aux deux bouts de l’Europe , et qui,