188
HISTOIRE DE L’ARMÉE
royal des carabiniers. Louis XIV en fut le premier mestre de camp. Il donnaensuite cette charge à son fils naturel, le duc du Maine.
L’armement des carabiniers se composait d’une carabine rayée de trentepouces de canon, et d’une épée de trente-trois pouces de lame, de pistoletset du sabre. Ils portaient la cuirasse et la calotte de fer. Les officiers infé-rieurs avaient des carabines plus courtes que celles des soldats.
Les carabiniers avaient pour devise celle même de Louis XIV : Nec pluri-bus impar.
Cuirassiers. — Comme corps, les cuirassiers n’existaient pas sous le règnede Louis XIV . Un corps cependant portait la cuirasse. Il reçut, en 1666, lenom de royal cuirassiers. Ce fut le seul qui fut conservé pendant toutela période de Louis XIV à Louis XVI . Il avait l’habit bleu, les parementsrouges, les bottes fortes et le chapeau.
Hussards. — Les premiers hussards avaient été amenés en France en 1689,par le magnat de Hongrie Berchiny. Ce nom avait été donné à la cavalerie desmilices hongroises et polonaises, employée dans les guerres contre les Turcs.Le magnat Berchiny avait acquis de la réputation dans les guerres de Hongrie ,1708.11 était venu servir en France en 1712 ; et dès 1720 on lui avait donnéun brevet de mestre de camp, avec l’autorisation de lever un régiment dehussards. Pour armes, ces hussards portaient un sabre à bec recourbé, sus-pendu avec un anneau à une corde passée en ceinture. L’avantage de ce sabrerecourbé était de frapper plus commodément à droite et à gauche; mais pourfrapper de pointe cette arme devenait inutile ; ils y suppléaient par une longueépée droite, sans tranchant et sans poignée, espèce de broche qu’ils portaientattachée le long du cheval, depuis le poitrail jusqu’à la croupe; ils la déta-chaient pour attaquer, et s’en servaient comme d’une lance, en l’appuyantsur leurs genoux. Ils avaient de plus pistolets et carabine. Leur habillementconsistait en un pourpoint bariolé, en passant par la ceinture; manchesétroites, et retroussées par un bouton ; pantalon et bottines sans genouillè-res, talons de fer. Chemises courtes de toile de coton bleu ; manteau de lagrandeur du pourpoint, si étroit, qu’ils ne pouvaient s’en servir qu’en le pla-çant du côté d’où venait la pluie; ils portaient de longs bonnets d’étoffe,bordés de peau. Ils se rasaient la tête, ne laissaient qu’un peu de toupet ducôté droit ; mais ils portaient de longues moustaches. Les officiers étaientdistingués par les aigrettes qui ornaient leur bonnet, par les lames d’argentqu’ils attachaient du côté droit, et qui marquaient le nombre de leurs com-bats, et par une boule d’argent attachée sur la poitrine en signe de la no-blesse de leur race.
Leur discipline était sévère; leurs punitions étaient la bastonnade sur ledos. On plaçait cette troupe à l’avant et à l’arrière-garde ; on l’envoyait àla découverte; elle protégeait les fourrageurs, escortait les convois, et étaitpréférée pour tous les coups de main.
L’excellent service de la troupe de Berchiny fit désirer la création de plu-