ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 189
sieurs régiments de cette arme ; l’ordonnance du 10 février 17G4 ajouta à celuideBerchiny deux autres régiments, sousles noms de Chaniborant et deRoyal-Nassau, chacun de douze compagnies de vingt hommes, moitié à pied, moitiéà cheval; l’ordonnance de 1766 créa un quatrième régiment sous le nomd’Esterhazy . Nous verrons plus tard les modifications apportées dans l’or-ganisation de cette arme. A la même époque, on détacha les escadrons dechevau-légers qui suivaient les régiments Dour en former six corps à part,sous le nom de chasseurs
Les milices furent aussi organisées en bataillons, et attachées aux régi—giments provinciaux comme corps de réserve, et plus tard, on réunit lescompagnies de grenadiers à la milice, et on en forma, sous le nom de gre-nadiers royaux, treize régiments.
Canonniers gardes-cotes. — Un autre corps fut organisé sous le nomde miliciens canonniers gardes-côtes. Ce corps, spécialement chargé du ser-vice des batteries, corps-de-garde et signaux de la côte, et composé devingt et un mille six cent vingt hommes, fut réparti en cent deux divisions,et subdivisé en quatre cent dix-huit compagnies. Leur force fut réglée à cin-quante ou à cent hommes, suivant l’importance de leurs positions.
Ingénieurs-géographes. — Le corps des ingénieurs-géographes ne fut or-ganisé qu’en 1736, bien que depuis longtemps il existât des officiers atta-chés aux armées, sous le nom d’ingénieurs-géographes des camps et desarmées.
En 1744, on réunit le dépôt des cartes et plans à celui des fortifications,et les ingénieurs-géographes, qui jusqu’alors, n’avaient été que détachés,eurent enfin une existence plus stable. —Un officier était attaché au dépôtde la guerre, à Versailles ; les autres demeuraient à Paris , d’où ils étaientdirigés sur le terrain d’opérations (1).
Hôtel des Invalides . — La pensée de réunir les vieux soldats mutilés etde leur donner un asile, remonte à Philippe-Auguste ; mais quatre siècless’écoulèrent avant que cette pensée toute royale pût être mise à exécution.Henri III fonda une maison hospitalière, où les anciens soldats furent admis,sous le nom de pensionnaires du roi. Ils portaient sur la poitrine une croix surlaquelle on lisait : Pour avoir bien servi. Henri IV augmenta encore les béné-fices accordés à cette institution ; mais à sa mort elle fut supprimée, et lesinvalides redevinrent mendiants, valets ou commensaux des maladreries et descouvents. Richelieu forma le projet de fonder un grand établissement pourrecevoir les officiers et soldats mutilés pendant la guerre ; mais il mourutavant l’exécution de son projet. En attendant, il reconstitua, sous le nom
(1) Les géographes les plus distingués entre ceux très-nombreux qui y furent employés,sont, Cassini, Camuset, Montigny; on s’est accoutumé à ne faire porter à celte carte que lenom du premier, parce que, dans presque toutes les entreprises, la gloire et la fortune de tousdeviennent le partage d’un seul. Cependant la carte de Cassini exigeait le concours de beau-coup de collaborateurs, l’oubli de leurs noms décèle donc ou l’injustice ou l’ignorance deshistoriens.