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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
obstacles, ni aux impossibilités, et triomphant des murmures des troupes endonnant l’exemple de la persévérance et du courage. Le transport de l’artil-lerie, et les difficultés que l’on rencontrait à ouvrir la tranchée dans les en-droits où il n’y avait pas quelquefois un pied de terre, et où la pioche s’é-moussait aussitôt sur le rocher, retinrent l’armée jusqu’au 8 mai, époque àlaquelle on put commencer les opérations du siège du fort Saint-Philippepar l’établissement de deux batteries. Les travailleurs étaient soutenus pardeux bataillons et renouvelés plusieurs fois par jour. Cependant le siègetraînait en longueur. Le terrain était si peu propre à établir des batteries,qu’à chaque instant elles étaient démontées. L’ennemi, de son côté, ne semontrant que derrière des palissades, et l’artillerie française ne pouvant riencontre des monceaux de roches, le duc de Richelieu résolut d’imiter la con-duite du marquis de Lowendalà Berg-op-Zoom. 11 savait à quels hommes ilcommandait. 11 fit ses dispositions pour enlever d’assaut l’imorenable cita-delle de Port-Mahon.
Une attaque fut dirigée sur trois points ; seize compagnies de grenadiers,soutenues par quatre bataillons aux ordres du marquis de Laval , maréchalde camp, du marquis de Monti, brigadier, et du marquis de Briqueville, co-lonel, furent chargées d’attaquer par la gauche la redoute de la Reine, la lu-nette de Kent et les ouvrages de Stranguen et d’Argyle.
L’attaque du centre fut dirigée sur la lunette de Youest et sur la redouteCarolina; elle fut confiée au prince de Beauvau, qui avait sous ses ordres lesdeux brigades de Royal-Italien et de Vermandois .
La troisième attaque, celle de droite, devait être lancée sur le fort Marlbo-rougli ; elle était commandée par le comte de Lannion , maréchal de camp, etpar le marquis de Roquepine, brigadier.
En outre, le maréchal de Richelieu avait adjoint à chaque corps d’attaquedeux ingénieurs, cent cinquante travailleurs, un officier de Roy al-artillerie,dix canonniers, une brigade de mineurs et cinquante volontaires avec deséchelles.
Le signal fut donné à dix heures du soir, le 28 juin 1756; on descenditdans les fossés, sous le feu de soixante pièces d’artillerie anglaise, qui n’arrê-tèrent point nos colonnes. Parvenus au pied d’un roc à pic, les assaillantsplantèrent leurs échelles; arrivés au sommet de ces échelles, ils montèrentsur les épaules les uns des autres, en se donnant mutuellement la main,soulevant les officiers dans leurs bras; ils atteignirent ainsi le couronnementdes murailles. Là, une lutte corps à corps s’engagea, lutte d’une garnison dés-espérée contre une armée pleine d’audace. Enfin, à quatre heures du matin,quand déjà le feu de l’artillerie était éteint depuis une heure et demie etqu’on n’entendait plus que la crépitation de la mousqueterie et le cliquetis del’arme blanche, le fort Saint-Philippe battit la chamade; aussitôt l’attaquecessa : l’ennemi demandait une trêve pour relever ses blessés et enterrer sesmorts ; elle fut accordée, à la condition que chacun resterait à son poste.Le jour même, 29 juin, cette trêve fut suivie d’une capitulation qui remit